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La norme GSM plus pratique pour intercepter les services "push-to-talk"

Christophe Guillemin, ZDNet France

jeudi 2 septembre 2004, sélectionné par Spyworld

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Les communications en "push-to-talk" sur téléphones mobiles posent des problèmes d’écoute aux grandes oreilles américaines, du fait de la norme CDMA utilisée. Ce qui ne sera pas le cas en France, comme dans le reste de l’Europe, avec le GSM.

Attendus à l’automne en France, les services de téléphonie mobile en "push-to-talk" (PTT), sorte de talkie-walkie sur mobile avec possibilité de réaliser des conférences, sont au cœur d’un polémique outre-Atlantique. Les forces de l’ordre, à commencer par le FBI, s’inquiètent du fait que ces communications rendent très compliquées les interceptions, c’est-à-dire à la possibilité légale d’écouter les conversations.

Les services de push-to-talk proposés au public américain, certains depuis 2003, par les plus grands opérateurs du marché - Verizon Wireless, Sprint, AT&T Wireless ou Nextel - échappent à ce type de contrôle et sont donc considérés par les autorités comme autant de zones de non-droit.

Début août, après insistance du FBI, le régulateur américain chargé des télécommunications, la Federal Communications Commission (FCC) a bien confirmé que les technologies PTT tombaient sous le coup de la loi de 1994 sur les écoutes légales ("Communications Assistance for Law Enforcement Act", ou CALEA).

Résultat, la police fédérale, a demandé aux différents fournisseurs de ce type de services de proposer des solutions techniques qui seront dévoilées dans les mois à venir, comme le rapporte notre rédaction américaine.

Les écoutes possibles en France chez Orange

Dans l’Hexagone, Orange devrait être le premier opérateur à lancer un service de push-to-talk dès cet automne. L’opérateur est conscient des problèmes rencontrés par ses confrères américains. « Effectivement, les systèmes push-to-talk aux États-Unis peuvent engendrer un incapacité à intercepter et surveiller les discussions », indique à ZDNet un porte-parole de l’opérateur mobile de France Télécom.

« Mais ils utilisent des technologies différentes des nôtres, comme par exemple la norme iDEN (*) chez Nextel, et des dérivés de voix sur IP chez les autres opérateurs », poursuit-il.

Le procédé de voix sur IP (VoIP) permet la transmission de la voix numérisée sur un réseau au protocole internet. Une méthode utilisable aussi en téléphonie mobile mais sur la partie du réseau réservée à l’échange de données. Les services d’AT&T et consorts sont ainsi disponibles uniquement via les forfaits "data".

« En Europe, c’est le format GSM qui domine, et il est suffisamment évolué pour ne pas avoir à passer par la VoIP. Le GSM permet [par essence] la traçabilité et l’interception des appels », poursuit notre interlocuteur d’Orange. La solution "Talk Now" de l’opérateur mobile sera donc au format GSM et permettra aux services compétents d’opérer des écoutes. Le tout selon la procédure habituelle, avec notamment, pour les écoutes administratives (et non judiciaires), l’avis de la Commission nationale de contrôle des interceptions (CNCIS).

Pour autant, le choix d’Orange ne sera pas celui de tous les opérateurs européens. L’équipementier Alcatel a ainsi dévoilé en avril dernier une solution de PTT en mode VoIP. Elle est censée offrir aux opérateurs « une nouvelle source de revenus pour les services de Voix sur IP (...) et de valoriser à moindre coût leurs réseaux GPRS existants », indique-t-il dans un communiqué.

Mais le groupe français ne précise pas que ce système rendra les écoutes plus compliquées. Reste que la loi exige déjà que les équipementiers mettent sur le marché des appareils compatibles avec les interceptions, comme ce fut le cas lors du lancement des premiers services de téléphonie par satellite (comme Irridium), au milieu des années 90. Contacté par ZDNet, Alcatel n’a pas retourné nos appels sur le sujet.

Un seul utilisateur à la fois

Le service d’Orange sera d’abord proposé aux professionnels, puis au grand public. Aucun tarif n’est encore disponible. Il suffira, comme pour les autres services de push-to-talk, d’appuyer sur un bouton du terminal pour entrer en communication avec un ou plusieurs correspondants. Comme pour les messageries instantanées, ces derniers figurent dans une liste d’amis, et l’utilisateur voit en temps réel ceux qui sont joignables ou non.

Il peut les appeler un par un, envoyer un message vocal à plusieurs correspondants ou même créer une conférence téléphonique. Seule restriction, de taille, comme pour les talkies-walkies, le canal de communication ne peut être emprunté que par un seul utilisateur. C’est donc à chacun son tour de parler.

(*) Aux États-Unis la norme de téléphonie mobile dominante est le CDMA (Code Division Multiple Access), puis dans une moindre mesure le GSM 1900 MHz et l’iDEN 800 MHz. Cette dernière est utilisée quasi exclusivement par l’opérateur Nextel. En Europe, les deux normes adoptées sont le GSM 900 et GSM 1800 MHz. Des réseaux CDMA sont cependant attendus sur le Vieux Continent.


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