mardi 12 décembre 2017

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La chaîne d’information internationale face à Bruxelles

Le Figaro

mardi 1er février 2005, sélectionné par Spyworld

Bruxelles n’a pas encore donné son feu vert au lancement de la chaîne d’information internationale. Alors que la structure de direction de cette chaîne pourrait être dévoilée dans les prochains jours, les services bruxellois de la concurrence attendent encore de nouveaux documents et des engagements de la France avant de statuer sur ce projet de « CNN à la française » confié à TF1 et Francetélévisions. La question du financement est toujours au centre des débats. Elle devrait d’ailleurs être l’objet d’une réunion demain matin, au ministère de la Culture. Renaud Donnedieu de Vabres reçoit, à ce sujet, Marc Tessier, le président de Francetélévisions, et Patrick Le Lay, le président de TF1.

« Aucun point n’a encore vraiment été réglé sur ce dossier », indiquait vendredi le porte-parole de Bruxelles, Luc de Hert. La Commission européenne fait traîner le dossier et réclame de nouvelles assurances à la France, notamment sur le financement, d’origine publique, tandis que Paris s’impatiente.

Alors que la question de l’attribution du marché à Francetélévisions et TF1 semble réglée, Bruxelles s’inquiète toujours du financement par la redevance. Le mois dernier, déjà, des gages avaient été donnés assurant que le financement de la chaîne n’irait pas abonder les comptes de Francetélévisions et TF1. Des gages insuffisants, laisse-t-on entendre à Bruxelles, sans préciser quelles sont les attentes de la Commission.

A l’examen depuis des mois, le dossier de la chaîne internationale pousse Bruxelles à poser toujours de nouvelles exigences, que Paris s’efforce d’honorer. Conformément à la demande bruxelloise, « le gouvernement français nous a confirmé qu’il procéderait à une adaptation de la législation sur les aides d’Etat », indique ainsi Luc de Hert. « Mais nous n’avons pas assez de données sur cet engagement », poursuit le porte-parole des services de la concurrence, qui voudraient « savoir comment et quand seront effectués ces changements ». La Commission n’a pas souhaité préciser quel type de changements elle attendait ni quelles promesses avaient été formulées par Paris. « Les discussions sont toujours en cours et nous attendons ces informations pour préciser notre position », indique une source proche du dossier.

Selon les observateurs, les chances pour que Bruxelles s’oppose, in fine, au projet français sont minces et à Paris on oeuvre activement à la mise en place de la chaîne. Un journaliste au profil international devrait être appelé à la diriger. Le nom de Jean-Pierre Elkabach a été évoqué. Celui d’Alain de Chalvron, correspondant de France 2 à Washington, circule également.

Mais rien ne sera annoncé tant que Bruxelles n’aura pas donné son accord. Les services de la concurrence sont déterminés à user de leur autorité pour examiner, sous toutes ses coutures, ce projet sujet à beaucoup d’ajustements. Si la Commission a demandé de nouvelles précisions à la France, cette requête n’a pas été accompagnée d’une date limite de dépôt.

Faute de précisions de calendrier pour la remise d’informations, difficile de situer la décision de la Commission dans le temps. Bruxelles assure pourtant être « proche » de cette décision et est seulement dans l’attente que ces « quelques points de détail soient élucidés ».

Parallèlement, la France s’emploie à donner des garanties sur tous les points d’achoppement envisageables. Lors de son déplacement à Bruxelles, le 21 janvier dernier, le ministre de la Culture a rappelé que la CII ne serait pas diffusée dans l’Hexagone et concernerait davantage les marchés africain et asiatique qu’européen. Cela éviterait donc de créer une distorsion de concurrence entre opérateurs nationaux.

Déterminé à faire aboutir le projet d’ici à la fin de l’année, le gouvernement veut rassurer sur la bonne utilisation des fonds publics qui s’élèveront à 30 millions d’euros selon l’amendement déposé en décembre au collectif budgétaire 2004. Une somme moitié moins importante que le budget estimé initialement, de l’ordre de 70 millions d’euros.


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