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Accord entre la Bulgarie et les Etats-Unis sur trois bases militaires

Vessela Sergueva, AFP

vendredi 24 mars 2006, sélectionné par Spyworld

Sofia et Washington ont finalement conclu vendredi un accord sur l’utilisation par les États-Unis de trois bases militaires en Bulgarie dans le cadre du redéploiement des forces américaines vers l’Est, un accord que viendra signer Condoleezza Rice fin avril.

Le polygone de Novo Selo près de Sliven (est), les bases aériennes de Bezmer près de Yambol (sud-est) et de Graf Ignatievo près de Plovdiv (sud), ainsi qu’un entrepôt pour des matériels près d’Aïtos (est), sont concernés, a indiqué l’ambassadeur américain John Beyrle.

« Les entraînements auront lieu surtout à Bezmer » et les aéroports « seront surtout utilisés pour l’entrée de matériel et d’hommes », de 2.000 à 3.000 militaires qui s’y succèderont selon le principe de la rotation, a-t-il ajouté.

« Nous n’avons plus besoin des effectifs stationnés en Allemagne pendant la guerre froide », a noté le diplomate américain.

Le Pentagone envisage de redéployer dans la décennie qui vient en Europe de l’Est et en Asie de 60 000 à 70 000 hommes, essentiellement basés jusqu’à présent en Allemagne et en Corée du Sud.

L’accord doit être signé par la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice fin avril, en marge d’une conférence ministérielle de l’OTAN, a indiqué le négociateur bulgare Lubomir Ivanov. Le parlement bulgare doit le ratifier, alors qu’une ratification par le Congrès américain n’est pas nécessaire, a-t-il ajouté.

Début décembre Mme Rice avait signé un accord sur quatre sites militaires avec la Roumanie, un autre ancien pays communiste voisin de la Bulgarie.

Si le parlement bulgare a donné feu vert aux négociations dès décembre 2003, le gouvernement de coalition en place depuis août, dominé par le parti socialiste, a pris son temps pour aboutir, en rassurant l’opinion publique que « les intérêts nationaux seront totalement respectés ».

Le parti nationaliste Ataka entré au parlement en juin a organisé des manifestations et des pétitions réclamant un référendum « pour refuser des bases américaines ».

Lors d’une rencontre récente avec les habitants de Yambol, M. Beyrle a expliqué que les négociations « prenaient beaucoup de temps » car « les négociateurs bulgares sont méticuleux (...) et représentent les intérêts nationaux de façon que nous comprenons et respectons ».

L’hypothèse d’une intervention américaine depuis la Bulgarie contre un pays tiers et la responsabilité pénale de militaires américains dans ce pays ont été les principaux sujets épineux, a indiqué récemment le député socialiste Anguel Naïdenov.

Le porte-parole du ministère de la Défense Vladislav Prelezov a précisé vendredi à l’AFP que « l’objectif de l’accord était des entraînements en commun, et pas une attaque » contre des pays tiers. « Si toutefois des forces étrangères devaient passer par le sol bulgare pour une action militaire, l’accord du parlement serait indispensable au cas par cas, conformément à la législation », a-t-il expliqué.

M. Beyrle s’est borné à rappeler que Sofia et Washington sont alliés au sein de l’OTAN depuis 2004. « Nous avons des relations fortes basées à la forte présomption de confiance », a-t-il souligné.

Le statut juridique des militaires américains sera géré par l’accord de l’OTAN sur les forces armées de 1951, selon lequel « un contingent est soumis d’abord à la juridiction du pays qui l’a envoyé, notamment en ce qui concerne sa discipline et son commandement », a indiqué M. Ivanov.

Toutefois « la Bulgarie se réserve le droit, dans des cas particulièrement importants, d’appliquer sa propre juridiction », a-t-il ajouté.

Selon M. Beyrle, l’accord aidera à moderniser l’armée bulgare, jadis équipée à la soviétique, et à améliorer les infrastructures.

« Nous investirons des dizaines de millions de dollars dans les prochaines années », a-t-il assuré.

Le général James Jones, commandant suprême des forces alliées (OTAN) et des forces américaines en Europe, avait indiqué l’an dernier que ces facilités pourraient être aussi utilisées par l’OTAN.


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