vendredi 20 octobre 2017

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Clearstream : les juges ont perquisitionné dans les locaux du secrétariat général à la défense

Gérard Davet et Piotr Smolar, le Monde

lundi 3 avril 2006, sélectionné par Spyworld

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L’affaire Clearstream vient à nouveau perturber le sommet de l’Etat. Les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons ont procédé, jeudi 30 mars, à une perquisition au secrétariat général de la défense nationale (SGDN). Rattaché directement à l’hôtel Matignon, le SGDN assiste le chef du gouvernement en matière de défense et de sécurité nationales.

Dans ses locaux, ils ont perquisitionné le bureau d’Alain Juillet, directeur du renseignement à la direction générale des services extérieurs (DGSE) jusqu’en décembre 2003, devenu ensuite haut responsable de l’intelligence économique auprès du premier ministre. Le même jour, les deux magistrats s’étaient rendus au siège de la DGSE. Ils avaient notamment saisi des documents dans le bureau du directeur, Pierre Brochand, en prenant soin de placer sous scellés ceux qui étaient classifiés.

Les juges d’Huy et Pons sont chargés de l’enquête sur les lettres anonymes envoyées au printemps 2004 au juge Renaud Van Ruymbeke. Les missives prétendaient dénoncer des comptes bancaires occultes ouverts pour des personnalités - notamment le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, qui s’est depuis constitué partie civile en s’estimant victime d’un complot - par l’intermédiaire de la société Clearstream. L’enquête menée par le juge Van Ruymbeke a établi qu’il s’agissait d’un montage.

Les juges avaientt déjà fait un premier coup d’éclat : ils avaient perquisitionné au siège parisien du groupe EADS et au domicile du général Philippe Rondot. Chargé de la coordination du renseignement au cabinet du ministère de la défense jusqu’en décembre 2005, Philippe Rondot a une longue expérience du secret d’Etat et des affaires sensibles.

Les enquêteurs s’intéressent au rôle possible joué par l’informaticien d’EADS Imad Lahoud - recruté chez EADS par Jean-Louis Gergorin - dans ce qui s’est avéré être une manipulation. M. Lahoud, sur la recommandation de Philippe Rondot, avait collaboré, début 2003, avec la DGSE. Il avait expliqué aux services secrets être en mesure d’obtenir des renseignements sur le financement du terrorisme, en particulier sur l’environnement bancaire de Ben Laden. Il aurait à cette occasion "travaillé" sur les comptes de Cleastream. Après plusieurs missions de vérifications opérées au Moyen-Orient, la DGSE n’avait pas donné suite.


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