lundi 23 octobre 2017

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Alcatel et Lucent sécurisent leurs activités sensibles

Y. Le G. et V. Gd, le Figaro

mardi 4 avril 2006, sélectionné par Spyworld

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Lucent vient de nommer les administrateurs de sa filiale défense. Alcatel espère enfin conclure un accord avec Thales dans les satellites.

LA COURSE À L’INNOVATION explique le mariage entre Alcatel et Lucent annoncé dimanche après-midi. « Nous connaissons le même phénomène que l’industrie pharmaceutique : nous fusionnons pour amortir sur une base plus large nos investissements en recherche », explique Serge Tchuruk, le futur président du conseil d’administration du numéro deux mondial des télécommunications. Le nouveau géant va pouvoir compter sur un budget de 2,4 milliards d’euros en matière de recherche. Ses laboratoires vont employer 26 100 salariés sur un total de 88 000 personnes. Les réductions d’effectifs qui frapperont 8 800 personnes ne devraient pas toucher de manière significative ce secteur, notamment en France contrairement aux craintes du syndicat CFDT.

Le nouveau groupe va également s’appuyer sur les Bell Labs apportés par Lucent. Mais il n’est pas question pour Alcatel et Lucent de partager des informations relevant de secteurs sensibles. Aux Etats-Unis, Lucent a nommé hier les trois administrateurs de nationalité américaine qui vont diriger la société qui regroupera ses activités dans la défense.

En France, Serge Tchuruk est plus que jamais décidé à conclure enfin un accord avec Thales. Alcatel veut apporter ses satellites et monter de 9,5% à environ 25% au capital de l’électronicien de défense. Mais il ne souhaite pas que cet accord se réalise en même temps que celui défendu par EADS. La maison mère d’Airbus veut elle aussi apporter ses activités satellites à Thales et entrer dans son capital à hauteur de 20%.

Thales réunit son conseil

Les prochaines heures pourraient être décisives. Thales présente aujourd’hui à ses salariés, dans le cadre d’un comité central d’entreprise, et à son conseil d’administration, les propositions d’Alcatel et d’EADS. Denis Ranque, le PDG de Thales, espère obtenir de ses administrateurs - surtout ceux représentant l’Etat, premier actionnaire avec 30% du capital - un accord de principe pour concrétiser le projet défendu par Alcatel. Un certain optimisme régnait hier chez Thales. Il paraît difficile que l’Etat refuse cette opération présentée comme la meilleure façon de « sécuriser » les activités sensibles d’Alcatel. D’autant que le tandem Alcatel-Thales est prêt à discuter très vite avec EADS. Mais EADS restait hier ferme sur ses positions : il souhaite l’ouverture immédiate de négociations à trois ou menace de se retirer du jeu.

Enfin, le conseil d’administration d’Alcatel propose de prolonger de quelques mois le mandat de Serge Tchuruk. Celui-ci devait abandonner le premier juin ses responsabilités opérationnelles pour se limiter au poste de président de conseil d’administration. Mais le mariage avec Lucent change la donne. « Tout le monde a pensé qu’il était un peu étrange que celui qui a mené la négociation disparaisse quelques mois plus tard », observe Serge Tchuruk. La prolongation de son mandat de PDG d’Alcatel « sera soumise au vote » lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires.


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