vendredi 20 octobre 2017

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Passeports électroniques : la livraison commence aujourd’hui

Christophe Guillemin, ZDNet France

jeudi 13 avril 2006, sélectionné par Spyworld

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Les premiers passeports dotés d’une puce électronique sont arrivés dans certaines mairies. Ils permettent notamment d’entrer sur le sol américain sans visa. La France comble ainsi son retard et anticipe les exigences des États-Unis et de Bruxelles.

« Ce jeudi 13 avril, nous débutons le déploiement du passeport électronique en France, en commençant par les Hauts-de-Seine », indique un porte-parole de l’imprimerie nationaleà ZDNet.fr. Cette nouvelle génération de passeport permettra, notamment, d’entrer sur le sol américain sans visa. Dès le 19 avril, ce sera au tour de la préfecture de Paris de les délivrer. L’ensemble de l’hexagone devrait être fourni fin juin.

Initialement prévue pour octobre 2005, leur mise à disposition accuse 6 mois de retard suite à un contentieux juridique entre le ministère de l’Intérieur et l’Imprimerie nationale.

Pour l’année 2006, ce sont environ 2 millions de passeports électroniques qui devraient être produits. Le prix reste inchangé -60 euros pour les adultes et 30 euros pour les mineurs- et le délai d’obtention est de 15 jours environ, assure le Ministère de l’Intérieur. En revanche, il faut se munir désormais d’une copie intégrale de l’acte de naissance, ce qui n’était pas jusqu’alors demandé, nous a-t-on également précisé place Beauvau.

Une puce sans contact intégrée dans la couverture

La principale nouveauté technique de ce passeport est l’intégration d’une puce électronique dans la couverture arrière du document. Toutes les données d’État civil de la première page, ainsi que la photo d’identité, y sont enregistrées en format numérique.

« Il s’agit d’un véritable microprocesseur fonctionnant avec un système d’exploitation (Axseal) afin d’assurer la sécurisation des données », indique Jean Claude Deturche, vice-président marketing d’Axalto, à ZDNet.fr. Cette entreprise française, qui se présente comme le leader mondial des cartes à microprocesseur, est le fournisseur choisi par l’imprimerie nationale pour le passeport électronique.

La puce mesure environ 3 x 4 mm, intègre 72 Ko de mémoire et est dotée de fonctions de communication sans contact. Elle peut ainsi transférer les données avec une portée maximale de 10 cm par radiofréquences. « Le passeport doit être passé près d’un lecteur lors du passage en douane. Le lecteur active la puce par rayonnement magnétique. Les deux équipements s’authentifient, puis communiquent entre eux de manière sécurisée. Le douanier voit alors sur son écran de contrôle les données stockées dans la puce. Il assure toujours un contrôle visuel du propriétaire du passeport », poursuit Claude Deturche. Le chiffrement des données se fait avec un algorithme Triple-DES et une longueur de clé de 112 bits, précise-t-on chez Axalto.

Un passeport également biométrique

Ce type de passeport est censé être beaucoup plus difficile à contrefaire. « La puce intègre un certificat électronique qui permet d’authentifier que l’enregistrement des données a été fait par un État », précise-t-on à l’Imprimerie nationale. Toutes les caractéristiques de ces nouveaux passeports ont été normalisées au niveau international par l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale). En France, la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) a validé les protections garantissant la confidentialité des données en 2005.

Ces passeports électroniques étaient très attendus par les citoyens français souhaitant se rendre aux États-Unis. Les autorités américaines n’en demandaient pas tant, exigeant formellement à compter d’octobre 2005 un passeport uniquement "biométrique". Ce dernier doit intégrer une version numérisée de la photo d’identité en remplacement de celle sur papier photo classique. Elle doit disposer d’une résolution précise (300x200 dpi).

La France comble son retard et prend de l’avance

Le passeport électronique français a donc pris de l’avance. Il reprend les fonctions du passeport biométrique, auquel il ajoute le stockage des données dans la puce électronique. Les États-Unis ne l’imposeront qu’à partir d’octobre 2006. La Commission européenne a de son côté fixé au mois d’août de cette année l’obligation pour les États membres de fournir des passeports électroniques.

« La France a choisi de faire d’une pierre deux coups et de proposer directement des passeports électroniques », explique Claude Deturche. Les 26 autres pays faisant partie du programme d’exemption de visa américain - leurs ressortissants peuvent entrer aux États-Unis avec un simple passeport -, ont opté pour une approche différente, en deux temps.

Tous fournissent déjà des passeports biométriques. En revanche, seules quelques rares nations dans le monde, comme l’Allemagne, la Belgique ou la Suède, ont déjà mis en place le passeport électronique.


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