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Les fonds d’investissement redessinent le marché français des progiciels

Jean-Marie Portal, 01 Informatique

jeudi 13 avril 2006, sélectionné par Spyworld

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Ross Systems fait son grand retour, Infor multiplie ses effectifs par sept... La moisson de rachats réalisée par les fonds d’investissement commence à porter ses fruits en France.

Les fonds d’investissement seraient-ils en train de redessiner la carte du marché français des progiciels ? Grâce au Chinois Chinadotcom (CDC) Corporation, qui l’a acquis en septembre 2003, l’éditeur de progiciels de gestion intégrés (PGI) Ross Systems signe son retour dans l’Hexagone.

L’Américain Golden Gate Capital, lui, structure Infor en le dotant de patrons pour l’Europe et la France. « Lors de ma prise de fonctions au début de l’année, nous étions quinze, rappelle Benoît de la Tour, directeur général d’Infor France. A la suite des rachats de Geac en novembre et de Datastream en janvier, nous avons intégré environ 80 personnes. Par ailleurs, nous sommes en train d’acheter un petit intégrateur. Cela devrait porter notre effectif à 110 salariés. » Et d’ajouter : « Notre objectif est de créer une marque et d’en augmenter la visibilité sur le marché français. »

De son côté, CDC Software, la filiale logicielle de CDC Corp., affiche également son ambition : « Saisir notre chance de représenter ensemble une force bien plus considérable face à l’industrie » , déclare John Clough, président de CDC Corp. Et cela à la veille de l’acquisition presque certaine d’Onyx.

L’investisseur chinois espère une réponse positive du directoire de l’éditeur américain à sa seconde proposition de rachat du 28 mars, pour enrichir son portefeuille applicatif d’une solution de gestion de la relation client (GRC). Laquelle prendra place aux côtés du PGI de Ross Systems et de la GRC de Pivotal acquise en février 2004.

Les marchés verticaux pour cible

En France, toutefois, l’impact de cette opération restera limité. « Onyx est l’un de nos plus gros concurrents en Amérique du Nord, mais il est ici quasi inexistant, défend Jean-Marc Kuhlmann, directeur général de CDC Software France. Nous n’investirons pas massivement pour l’y développer. » Ce que Renaud Smagghe approuve : « Le chiffre d’affaires d’Onyx n’excède pas un demi-million d’euros en France, commente l’analyste de Pierre Audoin Consultants. Et il décroît depuis au moins trois ou quatre ans. »

Dans l’Hexagone, l’éditeur préfère pousser les ventes du PGI de Ross, iRenaissance. Entre autres, en confiant la restructuration et le développement de la division à Pascal Voirand, un ancien de SAP. Mais quelle place reste-t-il sur le marché français pour ces éditeurs en pleine cure de jouvence ? « Notre PGI peut être considéré comme un " best of breed " pour les PME du monde industriel, répond Benoît de la Tour. Car il est quasiment prêt à l’emploi. Au contraire des PGI généralistes, qui nécessitent beaucoup de paramétrages. Chez Infor, lors d’une implémentation, la part de spécifique ne représente que 10 à 15 % du projet. »

De la même façon, Ross ne cible que les industries de process et de manufacturing. Comme quoi les fonds d’investissement ont bien compris que, sur le marché des PGI, les plus belles parts de gâteau sont à prendre du côté des PME, sur des marchés verticaux.

Points de vue

Benoît de la Tour, directeur général d’Infor France

« Golden Gate Capital a fait d’Infor le troisième éditeur mondial de PGI. Le monde des PGI réunit une foule de petits acteurs locaux, pour lesquels les coûts de développement deviennent prohibitifs. Un phénomène qui pousse les éditeurs à se concentrer. Cette course vise à gagner des parts de marché et atteindre une taille critique, pour réduire le coût de la R&D tout en proposant des offres à jour.

A présent, qui peut se payer ça ? De très gros éditeurs ou les fonds d’investissement. La stratégie financière et industrielle de Golden Gate Capital a fait d’Infor le troisième éditeur mondial de PGI (27 000 clients, 3 200 collaborateurs). »

Éric Ménard, analyste chez Pierre Audoin Consultants

« Une planche de salut pour les petits éditeurs. De nombreux éditeurs, à la dérive, vivotent et perdent peu à peu leurs clients. Les fonds d’investissement représentent leur planche de salut, le seul moyen qu’il leur reste de faire évoluer leurs produits sur le plan technologique et de se maintenir au niveau local. La stratégie des fonds consiste à en racheter plusieurs pour former des groupes de taille critique.

Pour le moment, toutefois, ces groupes ne forment encore qu’un empilement de sociétés. Reste à voir quelle stratégie sera mise en place. Et combien de temps ces éditeurs tiendront face à Oracle, SAP ou Microsoft. »


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