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EADS Space estime qu’il faut maintenir deux constructeurs de satellites en Europe

Dominique Gallois, Le Monde

mercredi 2 février 2005, sélectionné par Spyworld

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Le groupe franco-allemand envisage la suppression de 600 à 700 emplois dans le secteur des lanceurs si de nouveaux programmes ne sont pas décidés.

Le sentiment semble unanime : l’Europe doit garder deux fabricants de satellites. Au lendemain du rapprochement entre le français Alcatel et l’italien Finmeccanica, annoncé en juin 2004 et ratifié le 28 janvier, le nombre d’acteurs est passé, sur le Vieux Continent, de trois à deux. Alcatel Alenia Space est devenu le leader européen, précédant Astrium, filiale d’EADS Space, la division spatiale du groupe franco-allemand d’aéronautique et de défense EADS. Depuis six mois, des rumeurs évoquaient l’élargissement de la nouvelle alliance franco-italienne à Astrium, mais cette perspective s’est éloignée.

"Nous n’avons pas intérêt à aller au-delà dans la consolidation de l’industrie des satellites en Europe", a affirmé François Auque, président d’EADS Space, lundi 31 janvier, à l’occasion de la présentation des résultats de son groupe. "Avec Alenia et Alcatel, nous sommes convaincus que la maturité des clients publics n’est pas telle qu’ils puissent accepter un acteur unique, a-t-il poursuivi. Le risque est de les voir soutenir l’émergence de concurrents ou de faire entrer des groupes américains sur le marché européen. Ce ne serait pas grave si la réciproque était possible aux Etats-Unis, or ce n’est pas le cas."

En 2004, M. Auque estime que EADS Space a "dépassé ses objectifs", avec une progression de 7 % de son chiffre d’affaires par rapport aux 2,4 milliards d’euros de 2003. Le carnet de commandes s’élève à 5,7 milliards d’euros, soit deux années d’activités. Surtout, le groupe, qui était en perte, est revenu à l’équilibre. Pour 2005, la croissance du chiffre d’affaires devrait être "peut-être inférieure à 2004", ce qui ne remet pas en cause l’objectif d’une marge de 6 % en 2006-2007, a indiqué M. Auque.

EADS Space espère le développement des programmes militaires. Selon M. Auque, les fonds alloués par les Etats sont inférieurs aux besoins. Pour que les technologies européennes ne soient pas distancées par les américaines, il faudrait, affirme-t-il, que ces budgets doublent à partir de 2008.

"ÉVITER D’EN ARRIVER LÀ"

Dans le secteur de l’industrie spatiale, l’Europe reste loin derrière les Etats-Unis. Dans le civil, la Nasa dispose en moyenne de 16 milliards de dollars (12,27 milliards d’euros) de budget de recherche et développement par an, soit trois plus que l’ensemble des programmes européens (5 milliards de dollars). Dans la défense, le Pentagone dépense 26 milliards de dollars pour le développement de projets, soit... 26 fois plus que les Etats européens.

S’il est confiant dans le développement global des activités, le PDG d’EADS Space s’inquiète de l’avenir du secteur des lanceurs. Celui-ci sera confronté à la fin du développement de trois grands programmes : le lanceur Ariane 5, le véhicule de transport spatial ATV et le missile balistique M51. Cela pourrait affecter 600 à 700 emplois en 2006, sur les 4 300 d’EADS Space Transportation. "Je souhaite éviter d’en arriver là", souligne M. Auque.

Cette situation, rappelle-t-il, provient de l’absence de programmes relais : "On a sauvé Ariane en déshabillant les programmes technologiques qui devaient préparer les successeurs." Après l’échec du vol inaugural de la fusée Ariane 5 ECA en 2003, un plan de soutien de l’agence spatiale européenne ESA à la filière Ariane a été mis en place, sous la forme d’une aide de 200 millions d’euros pendant cinq ans, de 2005 à 2009. Ces sommes "ont été prélevées sur le budget de développement de futurs lanceurs", déplore M. Auque.


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