dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Technologie > États-Unis : Washington plébiscite des cartes d’identité RFID longue (...)

États-Unis : Washington plébiscite des cartes d’identité RFID longue portée

Christophe Guillemin, ZDNet France

jeudi 20 avril 2006, sélectionné par Spyworld

logo

L’administration Bush veut contrôler ses frontières terrestres avec une carte d’identité à puce RFID. La portée de 9 mètres préconisée inquiète les défenseurs des libertés civiles, qui y voient une ébauche du futur passeport électronique américain.

Le ministère américain de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security) a détaillé un projet qui fait frémir les défenseurs des libertés individuelles. Afin de faciliter le passage des voyageurs américains se rendant au Canada ou au Mexique, l’un de ses hauts fonctionnaires, Jim Williams (*), préconise de distribuer des cartes d’identité électroniques intégrant des puces électroniques à radiofréquences (RFID).

Baptisé "Pass" (People access security service), ce document de voyage de nouvelle génération aurait la même valeur légale que le passeport et simplifierait les déplacements des américains vers ces deux pays. « Nous devons améliorer [l’efficacité] de nos postes-frontières les plus fréquentés », a certifié Jim Williams. Ce système est déjà testé à certains postes depuis début 2005. Les résultats seraient suffisamment encourageants pour qu’il soit généralisé d’ici 2008.

Une portée vraiment nécessaire ?

Pass n’est pas sans rappeler les systèmes de télépéage rapide des autoroutes françaises. Lors du passage aux postes-frontières, les voyageurs présentent leur carte munie d’un identifiant unique devant le lecteur, sans descendre du véhicule. Les données sont transmises automatiquement par ondes radio.

La portée de 9 mètres des puces RFID suscite cependant de nombreuses inquiétudes et interrogations.

Une ébauche du futur passeport électronique américain ?

Il aurait été possible d’utiliser des RFID avec une portée de quelques centimètres, nécessitant ainsi un passage de la carte sur une borne par les voyageurs. Mais ce type de solution « ne répond pas aux demandes de la police des frontières », désireuse d’accélérer les passages et d’améliorer la sécurité, se défend-il. Et de mettre en exergue les risques de vol, lorsque l’on doit sortir une carte par la fenêtre de la voiture.

Malgré ces justificatifs, le système est l’objet de critiques, au sein même des autorités américaines. « Nous pensons qu’un lecteur à courte portée serait une meilleure solution », préconise Frank Moss, secrétaire adjoint du service des passeports du ministère de la Sécurité intérieure.

Une association, l’American Civil Liberties Union (Aclu), le décrie également. Selon elle, une portée aussi longue serait la porte ouverte aux contrôles intempestifs à l’insu du porteur du document, et favoriserait la contrefaçon de cette pièce d’identité.

Portée de 10 cm pour le passeport français

L’Aclu craint que la carte Pass américaine ne préfigure le futur passeport électronique s’adressant à tous les citoyens du pays (prévu en octobre 2006). Cette éventualité n’a pas été confirmée par le ministère américain de la Sécurité intérieure, mais les nouvelles déclarations de Jim Williams ravivent les inquiétudes.

Le ministère avait toutefois publié en août 2005 une recommandation générale sur l’utilisation des RFID pour le contrôle aux frontières, où il préconisait 7,6 mètres de portée.

À titre de comparaison, le nouveau passeport électronique français intègre une puce RFID d’une portée maximale de 10 cm, 100 fois moins que la plate-forme américaine. La confidentialité du système français a été validée en 2005 par la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés).

(*) Jim Williams est directeur du programme gouvernemental US-Visit au ministère américain de la Sécurité intérieure (U.S. Department of Homeland Security). Ce programme gère la mise en place des mesures de contrôle des voyageurs aux frontières américaines, en s’appuyant sur de nouvelles technologies telles que la biométrie.

Avec Anne Broache et Declan McCullagh de CNET News.com


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :