mercredi 18 octobre 2017

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Le chef de la cosa Nostra trahi par son système cryptographique

Arnaud Dimberton, Silicon.fr

vendredi 21 avril 2006, sélectionné par Spyworld

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On en sait davantage sur l’arrestation de Bernardo Provenzano, le "patron des patrons" de la mafia sicilienne. La police italienne aurait utilisé des indices trouvés dans des notes encodées par un algorithme cryptographique datant de... l’empire romain.

Le vieux chef de la mafia se prenait pour Jules César... La police italienne est en effet tombée sur des documents signés de Provenzano mais cryptés par le père de tous les algorithmes, le "Caesar Cipher".

Ce système est considéré par les amateurs de cryptographie comme le premier langage secret. La légende veut que ce soit Jules César en personne qui ait inventé ce système pour communiquer de façon sécurisée avec son armée.

Le principe est simple : César décide que chaque lettre du message devra être décalée de trois rangs dans l’alphabet. Après avoir déterminé ce principe, il en informe tous ses généraux.

Voici un exemple pour illustrer l’algorithme de César, la phrase "j’aime silicon", devient "MDLHVLOLFRQ". Pour retrouver le sens originel du message, il suffit de suivre la même procédure mais de façon inverse.

Selon les auteurs d’une biographie sur Provenzano, les journalistes italiens Salvo Palazzolo et Ernesto Oliva, le contenu de ses notes était très divers et variable.

Provenzano, surnommé Binnu u traturri (Binnu le tracteur), à cause de sa propension à se débarrasser des gêneurs, est âgé de 73 ans. Il a été arrêté il y a une semaine dans son village de Sicile rendu célèbre par le film "Le parrain", Corleone. Il était activement recherché depuis de nombreuses années, et il est accusé de plusieurs homicides, dont l’assassinat de deux juges en 1992.

Depuis peu, il donnait ses instructions dans une écriture cryptée via de petits bouts de papier surnommé "pizzini". 350 de ces "pizzinis" ont été découverts au domicile de Don Provenzano.

Malheureusement pour lui, l’algorithme utilisé était l’un des plus vieux du monde. En même temps, on ne pouvait trop en demander à Provenzano, qui a quitté l’école à huit ans... Réfléchir à un nouveau code ? Dans tous les cas, sans cette erreur, l’arrestation de Provenzano aurait probablement été posthume...


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