mardi 17 octobre 2017

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Le préfet Pascal Mailhos débarqué des RG

Jean-Marc Leclerc, le Figaro

mardi 25 avril 2006, sélectionné par Spyworld

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LE PRÉFET Pascal Mailhos, directeur central des renseignements généraux, doit quitter ses fonctions demain, sur décision du Conseil des ministres, pour occuper le poste de directeur de la modernisation et de l’administration territoriale au secrétariat général du ministère de l’Intérieur. Et c’est un policier qui pourrait le remplacer : Joël Bouchité, actuel numéro deux des RG.

Dans le contexte de tension entre l’Élysée et le ministère de l’Intérieur, l’événement ne manquera pas de susciter des commentaires. Déjà, dans la « grande maison », certains laissent entendre que Mailhos ne tenait pas assez fermement les rênes de sa boutique. Au lendemain des violences urbaines de novembre, une note de la DCRG attribuant aux émeutiers un passé moins chargé judiciairement que ne le décrivait le ministre avait placé Nicolas Sarkozy en porte-à-faux. Le ministre n’avait guère apprécié ce qui ressemblait à un désaveu infligé par ses propres services.

Face au phénomène des bandes et des voitures brûlées, les RG avaient reçu pour mission prioritaire d’anticiper sur ces violences, en infiltrant les cités, pour faire tomber les meneurs et créer l’insécurité chez les voyous. Mais le ministre, tout à son exigence de résultats, a jugé trop lent le rythme des réformes engagées par le préfet.

En outre, le fait que les RG n’aient apparemment rien vu, rien entendu au sujet de la manipulation de l’affaire Clearstream mettant directement en cause Nicolas Sarkzoy, ainsi que plusieurs autres personnalités politiques de premier plan, à partir d’un document truqué, a entamé un peu plus la confiance du « premier flic de France » dans cette direction pourtant censée l’informer des mauvais coups qui se préparent.

Des fuites inexpliquées

Enfin, la nouvelle polémique sur les notes de la police exploitées par Philippe de Villiers dans son pamphlet sur Les mosquées de Roissy a achevé de ruiner le crédit du préfet auprès des personnalités les plus politiques de l’entourage de Sarkozy. Les RG ont beau affirmer aujourd’hui que les documents incriminés n’ont pas été produits par leurs services, le fait que des informations dont ils ont eu à connaître aient pu être exploitées à des fins politiques contre leur ministre reste difficilement explicable. Sauf à considérer qu’une taupe a agi en leur sein... ou l’un de leurs anciens responsables. Ce qui, dans un cas comme dans l’autre, témoigne, à tout le moins, d’un manque de vigilance.

Le préfet Mailhos, arrivé très jeune, dès 45 ans, à la tête de cette maison des « coups tordus », n’aura guère eu le temps de laisser son empreinte. Nommé contre le candidat de Nicolas Sarkozy, il aura eu la lourde tâche de tourner la page l’ère Yves Bertrand, l’inoxydable patron à qui il succédait en janvier 2004. Dans chacun des grands services de la DCRG, Mailhos voulait rajeunir les cadres et clarifier les procédures. Mais les scandales et crocs en jambe ont eu raison de la stratégie à long terme de cet ancien officier de la Royale, peut-être trop courtois pour évoluer dans le monde impitoyable du renseignement.

« Mailhos avait plus la fibre administrative que policière », résume un homme du sérail. Et il ne faut pas s’étonner dès lors qu’un policier puisse lui succéder, sauf coup de théâtre.

Par ailleurs, le préfet du Lot-et-Garonne, Henri Masse, devrait hériter demain de la Direction de la sécurité civile. Le remplacement du patron de la DST, Pierre de Bousquet, n’est pas à l’ordre du jour. Nicolas Sarkozy regrette qu’ayant eu connaissance des soupçons pesant sur le corbeau de l’affaire Clearstream, il n’ait pas jugé bon d’alerter la justice au temps où Villepin était à l’Intérieur. Mais l’Élysée n’est pas prêt à lâcher cet ancien conseiller de Jacques Chirac.


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