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F.Trojani (Axalto) : "Une carte à puce pour le passeport et le permis de conduire"

Philippe Guerrier, VNUnet.fr

mercredi 26 avril 2006, sélectionné par Spyworld

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Le spécialiste français des cartes à puce revient sur le marché des pièces d’identité numériques.

D’ici la fin du mois de mai, les passeports électroniques seront disponibles sur l’ensemble du territoire français. L’accouchement de ses nouveaux documents de voyages numériques, permettant de se rendre aux Etats-Unis sans visa, a été douloureux, compte tenu des péripéties liées aux choix définitifs des prestataires en charge d’assurer la production (voir édition du 4 avril 2006). Finalement, c’est le duo Imprimerie Nationale - Axalto qui s’est imposé. Le spécialiste de la conception de cartes à puces, qui mène actuellement un processus de fusion avec son homologue Gemplus (voir édition du 7 décembre 2005), a déployé sa technologie Axseal. Ce système d’exploitation "hautement sécurisé" comprend des algorithmes de chiffrement qui fonctionnent sur une puce sans contact incorporée dans la couverture du passeport. Axalto va fournir deux millions d’unités cette année. Sachant qu’entre 3 et 3,5 millions de passeports sont renouvelés par an en France. Frédéric Trojani, Directeur du segment Secteur Public et Transport chez Axalto, revient sur l’étendue du marché des pièces d’identité numérique. (Interview réalisée le 14 avril 2006)

Vnunet.fr : Axalto a disposé d’un délai très restreint pour délivrer les premiers passeports électroniques (moins de deux mois). Comment êtes-vous parvenu à le respecter ?

Frédéric Trojani : Le délai était effectivement très serré mais Axalto dispose d’une technologie éprouvée. Nous l’avons fourni à plusieurs pays dans le monde. Les produits sont standardisés, ce qui permet de répondre très rapidement à la demande du ministère de l’Intérieur. Compte tenu des relations privilégiées que nous entretenons avec l’Imprimerie nationale, nous sommes parvenus à respecter le délai de livraison des passeports électroniques. Nous avions travaillé ensemble sur les projets de chronotatygraphe [système de cartes à puce qui remplace les disques papier pour contrôler le respect de la réglementation par les chauffeurs routiers, NDLR]. Nous fournissons ce type de cartes nouvelle génération au ministère français des Transports.

Sur quelle partie technique précise intervenez-vous sur le passeport ?

Nous fournissons l’ensemble de la couverture du passeport, ce qui englobe la partie électronique comme la puce, une antenne et des logiciels hautement sécurisés dotés des derniers algorithmes de cryptographie. Nous livrons également la couche de protection de la puce sur la couverture, qui garantie la sécurité et la durabilité du support. Le passeport doit être valable pendant dix ans.

Pourquoi parle-t-on davantage de passeport électronique que de passeport biométrique ?

On peut la qualifier d’électronique car le passeport comporte des composants électroniques à l’intérieur. Je vous rappelle que le passeport actuel est déjà biométrique. Outre une photographie à l’intérieur du support papier, il comporte d’autres éléments biométriques de la personne comme la couleur des yeux ou la taille de la personne. Maintenant, dans la nouvelle génération de passeport électronique, la photographie, qui constitue déjà un élément biométrique, sera stockée dans le composant électronique. D’ici février 2008, d’après la législation européenne, un deuxième élément biométrique sera intégré : l’empreinte digitale. Ce choix sera appliqué sur l’ensemble des pays membres de l’Union européenne.

Ces changements technologiques sur le passeport nécessite-t-il un changement complet de l’équipement de contrôle dans les aéroports ?

Oui, il faut équiper les différents points d’entrée dans les aéroports de lecteurs compatibles permettant de recueillir les informations stockées dans le passeport comme la ligne optique NRZ qui contient des éléments comme le nom, le prénom et la photo. Cela nécessite une remise à jour des infrastructures, qui est en cours, et de la structure de personnalisation des passeports (comment les informations sont imprimées dans le passeport et comment elles sont stockées dans la puce).

Il existe une certaine crainte de propagation des données à l’insu de l’utilisateur par l’intermédiaire des technologies sans fil. Comment être sûr que les éléments stockés sur la puce ne pourront pas être consultés par un moyen détourné ?

Il existe un système de sécurité qui permet d’éviter la lecture du passeport lorsqu’il est fermé ou lorsqu’il est dans votre poche. Lors d’un contrôle dans un aéroport, l’agent est obligé d’ouvrir le passeport pour lire la ligne NRZ par un moyen optique. Enfin, un système de code PIN a été mis en place. Il faut envoyer cette information à la puce pour que la lecture des données puisse débuter.

Quels sont les pays qui sont les plus avancés en matière de passeports électroniques ?

L’Allemagne et des pays scandinaves comme la Suède ou le Danemark ont été précurseurs en la matière. Axalto travaille sur ce marché depuis plusieurs années. Nous avons été sélectionnés par le gouvernement américain pour déployer le passeport électronique aux Etats-Unis. Nous sommes aussi présents dans plusieurs pays européens comme le Portugal, la République Tchèque, la Russie et la Slovénie en tant que fournisseur de ce type de produits. En Europe, la plupart des grands pays ont dorénavant lancé des appels d’offres dans ce sens.

Dans quelle mesure les événements de septembre 2001 ont contribué au déploiement de ces supports numériques sécurisés ?

Il est vrai que les attentats terroristes survenus en 2001 aux Etats-Unis ont joué le rôle d’accélérateur à un niveau international. Plus globalement, l’objectif est d’augmenter les mesures d’authentification pour endiguer les fraudes à l’identité, d’où la mise en place de systèmes renforcés de protection pour l’accès à des comptes bancaire par exemple.

Quels autres marchés du même acabit sont en cours d’émergence ?

Les projets de cartes d’identités numériques se développent beaucoup dans le monde, notamment en France. Parallèlement, l’Union européenne a récemment indiqué qu’un permis de conduire uniformisé avec une intégration de cartes à puce sera instauré. C’est un nouveau marché potentiellement important en Europe. Les Etats-Unis souhaitent également introduire ce type de technologie sur leurs permis de conduire. Là-bas, il existe 350 permis de conduire différents, qui servent de cartes d’identité. Ce type de document peut servir à ouvrir un compte bancaire ou à accéder aux services sociaux.

Quels sont les pays qui sont les plus avancés en matière de passeports électroniques ?

Axalto travaille sur ces marchés depuis plusieurs années. Nous avons été sélectionnés par le gouvernement américain pour fournir le passeport électronique aux Etats-Unis. Nous sommes présents dans plusieurs pays européens comme le Portugal, la République Tchèque, la Russie et la Slovénie en tant que fournisseurs de ce type de produits. En Europe, la plupart des grands pays ont dorénavant lancé des appels d’offres. Toutefois, l’Allemagne et des pays scandinaves comme la Suède ou le Danemark ont été précurseurs en la matière. Axalto compte-t-il prendre position sur le projet de carte d’identité numérique en France ? Où en est ce projet (voir édition du 5 décembre 2005) ?

Nous sommes actifs sur ce projet. Le gouvernement a donné la priorité sur le passeport. Le projet INES devrait redémarrer prochainement et j’espère que les premières cartes vont arriver rapidement. C’est l’image de la France, pionnière en matière de cartes à puce, qui est en jeu. Je pense que le projet se situe actuellement à une phase de consolidation au sein du ministère de l’Intérieur afin de bien définir les usages.

Entre Axalto et Gemplus, qui dispose de la plus forte expertise sur ce type de marchés publics ?

Je ne peux pas répondre à la place de Gemplus mais je dirais que nous sommes en avance sur ce domaine. Plusieurs organismes internationaux nous considèrent comme le leader dans ce domaine. Par exemple, nous fournissons des cartes d’authentification pour l’armée américaine qui permet de pénétrer sur des sites sensibles. Nous avons également été retenus en Belgique pour le déploiement de la carte d’identité numérique.


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