dimanche 17 décembre 2017

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La Roumanie championne d’Europe des services secrets

Andrei Badin, Adevarul, Traduit par Ramona Delcea

vendredi 28 avril 2006, sélectionné par Spyworld

En Roumanie, on compte plus d’officiers de renseignements que partout ailleurs en Europe. Selon certains, les pratiques des anciens services secrets communistes n’auraient jamais vraiment disparu.

Le SRI (le Service roumain de renseignement civil) a six fois plus d’officiers par million d’habitants que son homologue américain, le FBI. On compte 571 officiers de renseignement pour un million d’habitants en Roumanie, contre 89 en Allemagne où 98 en France. Selon les informations recueillies par le journal Adevarul , la Roumanie a, en ce moment, plus d’officiers qu’à l’époque communiste. Sur un plan interne, cela montre l’existence d’ « un grave problème ».

Deux des anciens chefs de services, Catalin Harnagea et Ion Mihai Pacepa connaissent cette situation.

En Roumanie il existe aujourd’hui plus d’officiers de renseignement qu’à l’époque de Ceausescu. En même temps, les projets de loi sur la sécurité nationale présentent le tableau de services secrets attentifs à tout ce qui bouge en Roumanie. Le tableau s’assombrit encore si on prend en compte la volonté de conserver le Conseil National pour l’Etude des Archives de la Sécurité (CNSAS) comme instrument de contrôle à l’intérieur des services de sécurité.

16 ans se sont écoulés depuis la Révolution de 1989 qui a contribué à l’élimination du Régime communisme, et pourtant les services secrets continuent d’être un sujet d’actualité an Roumanie. Certains vont jusqu’à dire qu’en réalité les pratiques de l’ex-service de sécurité n’ont jamais disparu. Cette idée se perpétue en raison de la confidentialité excessive qui couvre l’activité des deux plus importants services de renseignements civils : SRI (Service roumain de renseignement) et SIE (service roumain de renseignement extérieur).

Le SRI et le SIE gardent le nombre de leurs employés secret

Malgré les demandes du journal Adevarul, le SRI a refusé de communiquer le nombre réel des cadres travaillant dans l’institution. Le SIE suit le même exemple : sur leur site Internet, ils précisent que « pour des raisons de sécurité, le service ne peut pas mentionner le nombre des ses employés ».

En revanche, dans les pays occidentaux, le nombre des employés des services secrets n’est pas un mystère, qu’il s’agisse des services de l’intérieur ou bien de l’extérieur. En outre, certains d’entre eux, dont la CIA, mettent à la disposition du public des graphiques de comparant le nombre d’employés ces dernières décennies. Les services secrets britanniques (MI5) et allemands (BND) offrent encore plus d’informations.

En dépit de cette clause de confidentialité, notre journal a néanmoins réussi à apprendre le nombre de cadres des deux principaux services secrets roumains.

21 millions de roumains sont plus surveillés que 90 millions d’allemands

L’ancien directeur du SIE, M. Catalin Harnagea, confirme le chiffre de 12 000 officiers de renseignement au sein du SRI. Ce chiffre dépasse celui de son homologue français, la Direction de Surveillance du territoire (DST) qui a seulement 6 000 cadres pour une population trois fois plus importante que celle de la Roumanie. Cette statistique dépasse également celle du service intérieur allemand, le Bundesant fur Verfassungschutz (BfV), qui compte 8 000 officiers pour une population de 90 millions d’habitants. Même en comparant avec l’époque de Ceausescu, on trouve plus d’officiers aujourd’hui : en 1989, la sécurité nationale avait 14 000 officiers, aujourd’hui, en ne comptant que le personnel de deux des sept services secrets roumain, on recense plus 15 000 officiers de renseignement.


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