mercredi 18 octobre 2017

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Alliot-Marie relance l’idée d’un "Airbus des satellites"

Dominique Gallois, le Monde

vendredi 28 avril 2006, sélectionné par Spyworld

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A l’occasion de la 12e conférence annuelle "Défense et aéronautique" organisée jeudi 27 avril par le quotidien Les Echos, la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, a relancé l’idée de créer un "Airbus des satellites".

L’alliance nouée début avril entre Alcatel et Thales est "ouverte à d’autres partenariats", a-t-elle indiqué. Cela permettrait "de placer Thales au coeur de la restructuration européenne". En échange d’une montée au capital du groupe d’électronique et de défense, de 9,5 % à 21,6 %, Alcatel a apporté son activité de satellites (Le Monde du 6 avril).

L’idée de regrouper les deux constructeurs de satellites européens (Astrium d’EADS et Alcatel Alenia Space) dans une seule entité a été lancée par EADS, lors de l’opération Alcatel-Thales.

Le groupe franco-allemand a proposé d’amener simultanément son activité en échange d’une participation de 20 % au capital de l’électronicien. Son offre a été rejetée par les actionnaires de Thales que sont Alcatel, mais aussi l’Etat.

Cette proposition a donc surpris les deux dirigeants concernés Noël Forgeard, coprésident d’EADS, et Denis Ranque, PDG de Thales, présents au séminaire.

"Nous avions mis une offre sur la table, elle n’a pas prévalu, nous passons maintenant à autre chose, on verra plus tard", a répondu M. Forgeard. "Il faut laisser du temps au temps", a confirmé M. Ranque en précisant que "cela reste une idée intéressante". Mais, avant de se lancer dans une telle opération, le patron de Thales veut recueillir l’avis de l’ensemble de ses clients sur cette concentration.

Le même jour, lors de la présentation des résultats trimestriels d’Alcatel, le PDG, Serge Tchuruk, a estimé que son groupe "n’exclut pas ultérieurement une ouverture de Thales" vers d’autres partenaires européens.

Mme Alliot-Marie a également préconisé des regroupements européens dans l’armement terrestre, les chantiers navals et aussi les équipements.

"Nous devons réfléchir à la création d’une sorte de MBDA des torpilles", a-t-elle indiqué en faisant référence au fabricant de missiles nés du regroupement des activités d’EADS, du britannique BAE Systems et de l’italien Finmeccanica.

Plus largement, "l’industrie européenne de la défense doit poursuivre son mouvement de consolidation", a souligné la ministre, invitant "les industriels à discuter de façon franche et pragmatique". Il ne s’agit pas de créer des monopoles européens, mais des grandes entreprises capables d’affronter la concurrence américaine. "La responsabilité des politiques est d’encourager le rapprochement et le regroupement de ces activités", a-t-elle précisé.

Tout en prônant le développement de la recherche vers des nouvelles technologies, la ministre a demandé aux industriels de ne pas abandonner la fabrication de matériels moins sophistiqués, au risque, pour la France, de perdre des marchés traditionnels.


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