mercredi 13 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Washington surveille l’Amérique Latine comme au temps de la Guerre (...)

Washington surveille l’Amérique Latine comme au temps de la Guerre Froide

Laura Carpineta, Pagina/12 (Argentine)

mardi 2 mai 2006, sélectionné par Spyworld

Dans un reportage dans la revue Time, l’actuel directeur national de l’Intelligence des Etas-Unis, John Negroponte, a admit que son pays a renforcé les taches d’espionnage à des niveaux équivalents à l’époque de la Guerre Froide. Ils recrutent des espions entre les habitants des pays surveillés.

Washington a recommencé à mettre le regard sur sa cour postérieure. Dans les dernières années, les États-Unis ont "fortifié" leurs opérations d’espionnage en Amérique latine, à des niveaux seulement comparables à ceux-là de la Guerre Froide, comme l’ a admis le propre directeur national d’Intelligence américaine, John Negroponte, dans une interview à la revue Time. Cela a été ordonné par l’administration Bush, spécialement après le 11 septembre et à partir de l’importance pour la Maison Blanche de la "guerre contre le terrorisme". Selon Negroponte, les agences étasuniennes se focalisent principalement sur ce qu’elles appellent l’"intelligence Humaine", qui consiste à recruter des espions parmi les citoyens des pays surveillés et une augmentation du personnel étasunien -agents de renseignement, diplomatiques, agents anti-narcotiques, FBI, etc.- sur place.

"Nous sommes en train de nous renforcer dans les lieux dans lesquels nous n’avons pas été (récemment), où nous avions permis que les choses s’atrophiassent depuis la Guerre Froide : en Amérique latine", a assuré à la revue étasunienne l’ex-ambassadeur nord-américain en Irak, qui manie actuellement un budget annuel de 44 milliards de dollars. Cependant, l’espionnage dans la région ne se limite pas aux activités mentionnées par Negroponte. Selon plusieurs médias - El Tiempo de Colombie, le britannique The New London Day et The Washington Post-, les États-Unis aurait envoyé un sous-marin nucléaire, qui dispose de la capacité de lancer des missiles Tomahawk et depuis lequel peuvent se réaliser des opérations du groupe d’élite Navy Seals dans la région "en soutien à la guerre contre le terrorisme". Parmi ses premiers voyages on raconte une promenade de 90 jours par les Caraïbes. Aux États-Unis les critiques n’ont pas manqué. "Cette histoire est incroyable. Nous construisons un sous-marin d’un coût de 2,4 milliards de dollars avec des capacités qui font rappeler la Guerre Froide et la première mission qui lui est assignée est d’aller en Amérique du Sud intercepter des conversations via cellular", a soulevé The Washington Post.

La confession de Negroponte fait immédiatement rappeler des versions, des rumeurs et des dénonciations qui renforcent cet renouveau d’intérêt de Washington dans la région latino-américaine. Par exemple, la dénonciation de quelques journaux mexicains sur l’achat clandestin de bases de données de citoyens latino-américains - argentins, mexicains, brésiliens, chiliens, entre autres- c’est une politique habituelle de quelques agences fédérales des États-Unis, qui arguent que c’est un "mécanisme de sécurité" pour connaître d’avance les antécédents des personnes qui entrent aux États-Unis. Tout, naturellement, au nom de la lutte contre le terrorisme.

À l’heure de chercher les raisons, les causes économiques se mèlent le politique et l’idéologique. Pour la Maison Blanche, l’Amérique centrale, la Triple Frontière (Argentine-Brésil-Paraguay) et n’importe quel territoire où le contrôle public est de peu de confiance sont "des lieux propices pour l’établissement de cellules dormantes de groupes comme Al Qaida y Hezbolá". Plus encore, les États-Unis ont attiré l’attention sur les possibles alliances entre terroristes et groupes narcos ou bandes qui, vu le contrôle que ces derniers maintiennent sur des grandes parties de la région, pourraient leur assurer une libre circulation, qui éventuellement leur permettait d’accéder au territoire américain.

Au niveau économique, la préoccupation centrale est clairement le pétrole et les gouvernements qui manient les plus grandes réserves de brut. Mais il y a aussi une dimension idéologique qui préoccupe Washington. Non seulement le dénommé "tour à gauche" d’une grande partie des pays de la région, mais aussi le rapprochement naissant et la solidarité avec des régimes islamiques. Tous ont été surpris que, après le blocage des fonds de l’UE et de la Maison Blanche, Hamas annonçait qu’il enverrait des missions au Vénézuéla, au Brésil, en Argentine et en Bolivie pour chercher des voies alternatives de financement. Bien sûr, Hugo Chávez a déjà confirmé son aide.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :