jeudi 19 octobre 2017

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Gemplus renoue enfin avec les bénéfices

MC, Le Figaro

jeudi 10 février 2005, sélectionné par Spyworld

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Après trois années tumultueuses dignes d’un roman d’espionnage, Gemplus, le numéro un mondial des cartes à puce, a enfin renoué avec les profits nets l’an passé. L’entreprise est optimiste pour les années à venir. « Nous tablons sur une croissance d’au moins 10% des ventes pour 2005 et 2006, année où le chiffre d’affaires devrait dépasser un milliard d’euros. En 2007, la marge d’exploitation sera de 10%. L’an dernier, notre croissance a été supérieure à celle de la profession », assure Alex Mandl, directeur général du fabricant de cartes à puce.

Contrôlé par le fonds d’investissement américain Texas Pacific Group (TPG) et la famille allemande Quandt, Gemplus a augmenté en 2004 son chiffre d’affaires de 15% et de 20,4%, à taux de change constant. C’est un peu mieux que le français Oberthur, qui affiche toutefois une rentabilité supérieure. Mais c’est moins bien qu’Axalto, l’ancienne filiale de Schlumberger, dont le chiffre d’affaires a progressé de 23% dans les cartes à puce et de 52% dans les terminaux de paiement.

Gemplus paraît avoir soldé son passé. L’entreprise a été l’enjeu d’une longue et vive bataille d’actionnaires. En 2000, Marc Lassus, son fondateur, réussit à attirer le fonds texan TPG dans le capital. Il croit assurer son avenir et celui de la société. Mais très vite, c’est le divorce.

David Bonderman, l’un des trois associés de TPG qui a investi 500 millions de dollars, fait tout pour évincer Marc Lassus, figure emblématique de l’électronique française. Après une formidable guérilla, il le limoge de la direction opérationnelle puis de la présidence du conseil d’administration. Et évince tous les administrateurs français qui s’opposaient à sa stratégie.

La bataille entre actionnaires redouble après l’arrivée de l’Américain Alex Mandl à la direction générale, en septembre 2002. Sa nomination provoque l’inquiétude des syndicats, qui redoutent la fermeture des usines françaises, le transfert de la recherche vers les États-Unis et l’accès d’une agence américaine de renseignements aux secrets d’une société de technologies « made in France ». Ils s’inquiètent car Alex Mandl a dirigé In-Q-Tel, un fonds de la CIA spécialisé dans les nouvelles technologies. Les services de renseignement français enquêtent sur un possible pillage technologique au profit des États-Unis. Malgré les soupçons, aucune preuve n’a été apportée. Gemplus est devenu un cas d’école. Ce dossier a contribué à convaincre le gouvernement français de nommer un expert en intelligence économique.

Parallèlement, la nouvelle direction a restructuré l’entreprise. Elle a réduit les coûts en licenciant 40% des effectifs ces dernières années.

Ironie des affaires, malgré son actionnaire américain TPG, Gemplus n’a pas été présélectionné pour le futur passeport américain doté d’une carte à puce contrairement aux français Oberthur et Axalto ! « Ce n’est pas le marché le plus important dans la sécurité aux États-Unis », assure Alex Mandl.


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