lundi 16 octobre 2017

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Philippe Rondot, un maître du renseignement

Jean-Marie Pontaut, l’Express

jeudi 4 mai 2006, sélectionné par Spyworld

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En novembre 2001, une haute et frêle silhouette arpentait les sentiers dangereux et peu fréquentés des montagnes pakistanaises et afghanes. Qui aurait pu penser que sous ces habits de « Bédouin » se cachait un général français membre du cabinet du ministre de la Défense ? Il s’agissait, en effet, du général Philippe Rondot, âgé aujourd’hui de 69 ans, qui avait voulu se rendre compte par lui-même de ce qui se passait sur le terrain... Une attitude révélatrice de la façon d’être de cet officier supérieur qui allie comme personne l’action - parfois dangereuse - et la réflexion, fondées sur la connaissance et l’Histoire. Bref, cet homme du renseignement à la mode anglo-saxonne, parfois comparé à Lawrence d’Arabie, est un personnage atypique.

Fils d’un autre général, Pierre Rondot, spécialiste de l’Orient, Philippe intègre Saint-Cyr et sa carrière militaire débute dans les commandos de parachutistes, avant qu’il choisisse, en 1965, les services spéciaux. Il entre au Sdece, mais une lutte interne liée à un incident mineur survenu en Roumanie le conduit à travailler pour la DST. Là, il accomplira des missions exceptionnelles : libération des otages au Liban (1986) puis de la famille Valente, détenue en Libye (1990), exfiltration vers la France du général chrétien libanais Michel Aoun (1991). Son haut fait d’armes sera, en 1994, l’arrestation mouvementée du terroriste Carlos, meurtrier de policiers de la DST en 1975, qu’il récupérera dans des conditions rocambolesques au Soudan. Ce qui ne l’empêche pas, parallèlement, de passer un doctorat de sociologie politique ni d’écrire plusieurs essais sur l’Irak, la Syrie et la Jordanie.

Il est récupéré, en 1997, par Alain Richard, au ministère de la Défense, où il coordonne les services de renseignement et supervise les « opérations spéciales ». C’est ainsi qu’il va être mêlé, à son corps défendant, à l’affaire Clearstream. Il n’a fait, affirme-t-il, que son devoir en enquêtant, comme on le lui demandait, pour démontrer que les fameux comptes étaient truqués. Ce que « les politiques » ont fait de son travail ne le regarde pas. Rien n’est plus pénible, en effet, à un homme de l’ombre que de se retrouver au centre de manipulations sous la lumière des projecteurs.


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