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Le secteur de l’armement

Le Monde

vendredi 5 mai 2006, sélectionné par Spyworld

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Qui sont les principaux acteurs du secteur de l’armement dans le monde ?

Les entreprises américaines dominent le marché, grâce aux commandes du Pentagone. En 2003, celles-ci représentaient 21,9 milliards de dollars pour 26,6 milliards de chiffre d’affaires "défense" de Lockheed Martin, 17,3 sur 24,2 pour Boeing, 11,1 sur 16,5 pour Northrop Grumman, 8,2 sur 11,3 pour General Dynamics, 7,9 sur 14,9 pour Raytheon, et 2 sur 13,9 pour le britannique BAE Systems, seul étranger parmi les grands fournisseurs.

En Europe, BAE Systems est actif dans l’aéronautique (programmes européen Eurofighter et américain F-35/JSF), l’électronique de défense, les navires de guerre et l’armement terrestre.

Le français Thales est présent dans l’électronique de défense, les navires de guerre, via sa participation dans DCN, et le spatial, en association avec l’italien Finmeccanica (programme Syracuse 3).

Le franco-germano-espagnol EADS opère dans l’aéronautique (Eurofighter, A400M), les hélicoptères via Eurocopter (programmes Tigre et NH90), les satellites via EADS Astrium (programme Helios 2), les lanceurs et missiles balistiques, l’électronique.

L’italien Finmeccanica se situe dans l’aéronautique via sa filiale Alenia (Eurofighter et F-35/JSF), les hélicoptères via Agusta-Westland, les satellites, l’électronique et l’armement terrestre.

Le français Dassault (programme Rafale) et le suédois Saab sont présents dans l’aéronautique ; le no 1 mondial des missiles tactiques est MBDA, un groupe franco-italo-germano-britannique ; les principaux fournisseurs d’armement terrestre, comme Giat en France, opèrent sur leurs marchés nationaux.

Qu’est-ce que le Network Centric Warfare ?

Traduite en français par "opérations en réseau", cette notion, développée par l’état-major américain à la fin des années 1990, applique les technologies de l’information aux conflits armés. La maîtrise de l’information sur les capacités de l’ennemi, de la surveillance des mouvements et communications adverses et de ses propres communications (commandement), le tout dans des systèmes intégrés permettant de faire réagir en temps réel et simultanément tous les types d’armement, est devenue la "clé du succès", estiment les militaires. Cette approche a abouti à des commandes massives de systèmes de C4ISR (Command, Control, Communications, Computers, Intelligence, Surveillance & Reconnaissance) aux industriels de l’électronique de défense.

Où en est la politique de défense européenne ?

Le traité de Maastricht (1992) définit une politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Le sommet franco-britannique de Saint-Malo (1998) en lance le volet militaire, la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), qui prévoit, outre la création d’unités militaires et d’un état-major (créé en 2001) communs, une programmation commune des armements devant conduire à rapprocher, voire à fusionner, les acteurs industriels nationaux. L’instrument de cette programmation est l’Agence européenne de défense (AED), créée en 2004, mais celle-ci n’a été dotée que de 22,3 millions d’euros en 2006, et l’on attend encore qu’elle définisse des règles communes d’appels d’offres. Non sans tiraillements entre la Commission, soucieuse de libéraliser le marché, et les Etats, qui ne souhaitent guère voir leurs industriels affronter la concurrence des firmes américaines en Europe.


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