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Le général Michael Hayden succède à Porter Goss à la tête de la CIA

Eric Leser, le Monde

lundi 8 mai 2006, sélectionné par Spyworld

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La nomination du général Michael Hayden au poste de directeur de la CIA en remplacement de Porter Goss a été officiellement annoncée, lundi 8 mai, par le conseiller de M. Bush pour la sécurité nationale Stephen Hadley.

Passé la surprise de la démission, vendredi 5 mai, de Porter Goss, le directeur de la CIA (Agence centrale de renseignement), la presse américaine a relayé, tout au long du week-end, des rumeurs sur le nom de son successeur. Il devrait s’agir du général de l’armée de l’air Michael Hayden, directeur de 1999 à 2005 de la National Security Agency (NSA, l’organisme chargé des écoutes dans le monde) et depuis directeur adjoint du renseignement au côté de John Negroponte.

Avant même son annonce officielle, attendue pour lundi 8 mai, cette nomination fait l’objet, à Washington, d’une polémique qui illustre le désarroi et les luttes de pouvoir au sein de la communauté américaine du renseignement, en crise depuis quatre ans et demi après avoir été incapable d’empêcher les attaques terroristes du 11 septembre 2001, avoir multiplié les errements sur les armes de destruction massive irakiennes et aujourd’hui au milieu d’une refonte inachevée et controversée de son organisation.

Le premier reproche fait au général Hayden, à la fois par des démocrates et des républicains, est d’être un militaire. "La CIA est une agence civile", souligne la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, de la commission du renseignement. M. Hayden se retrouverait à la tête d’un service en conflit ouvert depuis des années avec le Pentagone.

Sous l’impulsion du secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, l’armée n’a cessé de renforcer les moyens de sa propre agence de renseignement (Defense Intelligence Agency, DIA) et de marcher sur les plates-bandes de la CIA en utilisant notamment les forces spéciales pour mener des opérations clandestines d’espionnage dans le monde. Le Pentagone s’était même doté, après le 11-Septembre, de son propre service d’analyse, le fameux Bureau des plans spéciaux (Office of Special Plans), qui a notamment servi à justifier la guerre en Irak. Cette officine, placée sous l’autorité directe du secrétaire adjoint à la défense Paul Wolfowitz, avait pour mission d’analyser le matériel fourni par les différentes agences, dont la CIA, et d’apporter ses propres conclusions à la Maison Blanche. Elle aurait été dissoute.

"MAUVAIS MESSAGE"

"Nous ne pouvons pas avoir un militaire à la tête de la CIA en ce moment", a estimé, dimanche 7 mai, sur la chaîne de télévision Fox News, le représentant républicain Pete Hoekstra, qui dirige la commission du renseignement. "Mettre un général à ce poste envoie un mauvais message à l’Agence à Washington et aux agents sur le terrain. C’est la mauvaise personne, à la mauvaise place et au mauvais moment", a-t-il ajouté. La numéro un démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a fait des déclarations similaires : "Il y a une bataille pour le pouvoir entre le département de la défense et toute la communauté du renseignement. Je ne vois pas comment un général quatre étoiles peut être à la tête de la CIA."

Autre problème de taille avec Michael Hayden : son rôle dans les écoutes clandestines menées sur le sol américain par la NSA qu’il dirigeait. Cela laisse augurer une sévère passe d’armes lors des auditions au Congrès pour l’éventuelle confirmation de sa nomination.

C’est le général Hayden qui, en décembre 2005, à la Maison Blanche, avait justifié le programme secret comprenant, aux Etats-Unis, sans autorisation de la justice, des interceptions de communications téléphoniques et de messages électroniques considérées comme illégales. Un texte de 1978, le Foreign Intelligence Surveillance Act, contraint le gouvernement à solliciter le mandat d’un juge pour procéder à des écoutes de citoyens américains aux Etats-Unis. Plusieurs parlementaires démocrates promettent "un combat acharné" en cas de nomination de M. Hayden.

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