lundi 16 octobre 2017

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Attentats de Londres : la police n’a pas péché par légèreté

Armelle Thoraval

jeudi 11 mai 2006, sélectionné par Spyworld

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Un rapport parlementaire exempte les services de renseignement et les unités anti-terroristes de toute responsabilité • Le risque n’a pas été sous-estimé •

Les services de renseignement et la police ont-ils manqué de vigilance, dans les mois précédant les attentats du 7 juillet à Londres, qui ont fait 52 morts dans trois stations de métro et un bus ? Et ces attentats auraient-ils pu être évités ? Le rapport rendu jeudi par l’Intelligence and Security Committee (Commission sur les renseignements et la sécurité) exempte globalement les services de renseignement, que ce soit le MI 5 ou les unités anti-terroristes de la police de toute responsabilité. Les conclusions de l’ISC montrent surtout qu’une bonne dose de flou subsiste concernant les quatre kamikazes qui ont commis ces attentats-suicides. On a soupçonné l’existence d’un cerveau ou vu la main d’Al-Qaeda dans l’organisation, surtout après la diffusion en septembre d’une vidéo de Mohammed Sidique Khan, le mentor des quatre hommes, vidéo était suivie d’un message d’Al Zawari, bras droit d’Oussama Ben Laden. Mais selon le rapport, l’intervention étrangère reste « peu claire ». Ni cette vidéo, ni la revendication postée sur Internet et émanant, en juillet, d’une organisation secrète d’Al-Qaeda en Europe, ne sont jugées « crédibles » par les différents services de sécurité.

Le fait que deux des kamikazes - Khan et Shezad Tanweer - avaient été détectés en 2003 puis en 2004 par les services n’est pas davantage considéré comme un véritable loupé, compte-tenu des moyens disponibles et du fait que d’autres « priorités plus importantes » les mobilisaient. Les services de renseignement ne disposaient alors pas d’élements montrant leur implication dans de possibles attentats. Dès lors ne pas s’attarder sur leur cas était « compréhensible » selon les parlementaires.

L’on apprend un détail sur ce qui avait étonné alors : la différence entre le déclenchement à 8 h 50 des explosions dans le métro, et celle du bus, près une heure plus tard. Entre le moment où il arrive à la gare de King’s Cross et celui où il déclenche son engin explosif, Habib Mir Hussein, le plus jeune des kamikazes a acheté des piles : il aurait donc rencontré des difficultés pour déclencher sa bombe.

Ce n’est pas nouveau, mais les déplacements au Pakistan de deux des quatre hommes Khan et Tanweer, sont confirmés, y compris un long séjour entre novembre 2004 et février 2005. Mais les interrogations restent entières : les services ne savent pas qui ils ont rencontré , il est seulement considéré comme « probable » qu’ils ont eu des contacts avec des membres d’Al-Qaeda.

L’autre polémique, née immédiatement après les attentats, concernait la baisse par le Centre d’analyse terroriste du niveau d’alerte de sérieux (niveau 2) à substantiel (niveau 3). Les auteurs du rapport considèrent que le niveau de menace restait considéré comme élevé. Et que ce changement de niveau n’a pas conduit à un relâchement de l’effort. Enfin, ce fut aussi un sujet d’abord de choc puis de polémique : les services de renseignement ont-ils été incapables de détecter la menace d’attentats, préparés par de petites unités, de citoyens nés sur le sol britannique, incrontrôlables ? Sur ce point, la rapport est un peu plus sévère. « A travers l’ensemble des forces du contre-terrorisme, le développement d’une menace sur le sol national et d’une radicalisation des citoyens britanniques n’était pas totalement comprise » souligne l’ISC, tout en montrant que le nombre de « cibles » sous surveillance a considérablement augmenté depuis 2001, et surtout depuis 2003, avec l’entrée en guerre en Irak, qui était bien identifié par les forces de sécurité comme un élément de risque supplémentaire.


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