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Washington veut "ficher" tous les appels téléphoniques des Américains, selon "USA Today"

Laurie Kellman, AP

jeudi 11 mai 2006, sélectionné par Spyworld

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Nouvelle affaire potentiellement embarrassante pour la Maison Blanche. Dans le plus grand secret, le gouvernement américain cherche à réunir des informations relatives aux conversations téléphoniques de millions de citoyens américains dans le but de constituer une base de données couvrant l’ensemble des appels passés dans le pays, a révélé jeudi le quotidien "USA Today", citant des sources anonymes.

Les compagnies de téléphone AT and T, Verizon et Bellsouth ont commencé à livrer des archives portant sur des dizaines de millions d’appels passés par leurs clients après les attentats du 11 septembre 2001, selon "USA Today".

Des données transmises à l’Agence de la sécurité nationale (NSA), qui a déjà défrayé la chronique pour un programme controversé d’écoutes téléphoniques aux Etats-Unis. Le président américain George W. Bush avait reconnu l’an dernier avoir autorisé la NSA à espionner, sans mandat préalable de la justice, les appels internationaux d’Américains soupçonnés de liens avec des terroristes.

Le nouveau programme n’implique pas d’écouter ou d’enregistrer les appels. Le but est de savoir qui parle à qui lors d’appels personnels ou professionnels, locaux ou de longue distance, en identifiant les numéros composés, selon le journal. La NSA veut créer une base de données recensant les appels passés aux Etats-Unis afin de rechercher d’éventuels indices d’une activité terroriste, explique "USA Today". Don Weber, porte-parole de la NSA, a déclaré au journal que l’agence agissait dans le cadre de la loi, mais a refusé d’apporter des précisions sur ses activités.

Confronté à de vives critiques en provenance du Congrès, le président Bush n’a pas confirmé l’existence du nouveau programme de surveillance, mais a assuré que les droits des Américains étaient "farouchement protégés".

A Washington, le sénateur Arlen Specter, président de la commission judiciaire de la chambre haute, a annoncé qu’il allait convoquer les compagnies de téléphone pour "savoir ce qui se passe exactement".

Le sénateur Patrick Leahy, démocrate le plus influent au sein de cette commission, a semblé incrédule en découvrant les révélations de "USA Today" et dénoncé un manque de vigilance de la part du Congrès. Il a estimé que les médias faisaient le travail des parlementaires.

"Est-ce que vous êtes en train de me dire que des dizaines de millions d’Américains sont liés à Al-Qaïda ?", a-t-il demandé sur le ton de l’ironie. "Ces dizaines de millions d’Américains ne sont soupçonnés de rien (...) Où cela va-t-il s’arrêter ?"

Réagissant à l’affaire, la Maison Blanche a défendu l’ensemble de son programme de surveillance des appels téléphoniques. "Les activités de renseignement menées par les Etats-Unis sont légales, nécessaires et utiles pour protéger les Américains contre les attaques terroristes", a affirmé Dana Perino, porte-parole adjointe de la présidence.

L’ancien directeur de la NSA, le général Michael Hayden -candidat de M. Bush pour le poste de directeur de la CIA-, devait s’entretenir avec deux sénateurs républicains jeudi. Entrevues finalement reportées à la demande de la Maison Blanche, selon des collaborateurs des parlementaires.

A la tête de la NSA de mars 1999 à avril 2005, il avait essuyé des critiques sur le programme d’écoutes secret. Il aurait également supervisé le nouveau dispositif de base de données. La nouvelle affaire pourrait réduire ses chances d’être confirmé par le Sénat à la tête de la CIA.

Une grande entreprise de télécommunications, Qwest, a refusé de remettre ses archives à la NSA, invoquant le respect de la vie privée et de la loi, selon "USA Today".


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