mercredi 13 décembre 2017

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Le prochain directeur de la CIA défend fermement les écoutes

Jérôme Bernard, AFP

jeudi 18 mai 2006, sélectionné par Spyworld

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Le prochain directeur de la CIA, le général Michael Hayden, a fermement défendu jeudi au Congrès le programme controversé d’écoutes extrajudiciaires qu’il a supervisé quand il était à la tête de la NSA, l’agence chargée du renseignement électronique.

« Je ne pouvais pas ne pas le faire », a-t-il affirmé en référence à la décision personnelle prise en octobre 2001 concernant ce programme, lors d’une audition devant la commission du Sénat sur le renseignement. Selon lui, le programme est « surveillé étroitement » en interne et il vise uniquement les communications d’« Al-Qaeda ».

« Les gens qui gèrent ce programme pensent, selon moi, à raison qu’il contribue de manière substantielle à la sécurité de la république », a martelé le général. Il a assuré que la NSA s’efforçait de « maintenir un équilibre entre la protection de la vie privée et la sécurité ».

Il a obtenu le soutien du président de la commission sénatoriale, le républicain Pat Roberts, qui a jugé le programme d’écoutes « légal » et « nécessaire ». « Sans lui les Américains seraient moins protégés », a-t-il dit.

Michael Hayden, 61 ans, a été choisi la semaine dernière par le président George W. Bush pour diriger la CIA, après la démission surprise de Porter Goss. Sa nomination doit être approuvée par le Sénat.

Le processus de confirmation intervient en pleine controverse sur les activités de la NSA. Le quotidien USA Today a affirmé la semaine dernière que la NSA collectait en secret des relevés d’appels téléphoniques passés par des dizaines de millions d’Américains grâce à la collaboration des opérateurs de télécommunications AT&T, Verizon, et BellSouth.

L’administration Bush n’a ni confirmé ni démenti ces informations qui sont venues s’ajouter aux révélations du New York Times en décembre sur l’existence d’un programme de la NSA pour écouter des appels téléphoniques entre les États-Unis et l’étranger.

Le président Bush avait reconnu l’existence de ce programme mais avait assuré qu’il était légal et ne visait que les organisations comme Al-Qaeda.

Michael Hayden, actuellement le bras droit du directeur national du renseignement, John Negroponte, qui chapeaute notamment la CIA, a dirigé la NSA entre 1999 et 2005.

Concernant la CIA, le général a promis de tirer les leçons des erreurs commises par l’agence de renseignement sur les armes de destruction massive supposées détenues par l’ancien président irakien Saddam Hussein.

« Je prends très au sérieux les leçons (...) de votre enquête sur les renseignements avant la guerre contre l’Irak sur les armes destruction massive », a-t-il dit aux sénateurs.

Sa nomination a suscité des inquiétudes chez des parlementaires sur son indépendance à l’égard du pouvoir et sur ses liens avec le Pentagone qui a une influence croissante dans le renseignement.

« Une des principales questions est de savoir si le général Hayden restaurera l’indépendance analytique et l’objectivité à la CIA et parlera vrai au pouvoir ou s’il soutiendra la politique de l’administration (Bush) et induira en erreur le Congrès et les Américains comme l’(ancien) directeur (George) Tenet l’a fait », a déclaré le sénateur démocrate Carl Levin.

Michael Hayden a promis d’être indépendant et de dire ce qu’il pense à ses supérieurs. « Quand il s’agira de « parler vrai au pouvoir », je servirai d’exemple aux analystes de la CIA », a-t-il affirmé.

Le général Hayden, s’il est confirmé, prendra la tête d’une CIA en crise. L’agence de renseignement a perdu sa crédibilité depuis les attentats du 11 septembre 2001 qu’elle n’a pas réussi à empêcher et ensuite avec les erreurs sur l’Irak.


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