dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Le général Hayden défend au Sénat la "légalité" des écoutes de la (...)

Le général Hayden défend au Sénat la "légalité" des écoutes de la NSA

Eric Leser, le Monde

vendredi 19 mai 2006, sélectionné par Spyworld

logo

Il y a un peu plus d’un an, la confirmation, par le Sénat, de la nomination du général Michael Hayden au poste de directeur adjoint du renseignement avait été une formalité. En avril 2005, l’existence d’écoutes menées sur le sol américain sans autorisation de la justice par la National Security Agency (NSA), que M. Hayden a dirigée de 1999 à 2005, était à peine connue d’une poignée de parlementaires informés sous le sceau du secret. Le général avait alors affirmé que la NSA agissait "dans le respect total de la loi et de la Constitution".

Nommé directeur de l’Agence centrale de renseignements (CIA) par George Bush le 7 mai pour remplacer Porter Goss poussé à la démission, Michael Hayden, 61 ans, a passé, jeudi 18 mai, une journée difficile devant la commission du renseignement du Sénat. En décembre 2005, le New York Times révélait un programme secret de la NSA comprenant, aux Etats-Unis, sans l’aval d’un juge, des interceptions de communications téléphoniques et de messages électroniques de personnes suspectées d’être en relation avec des membres d’Al-Qaida à l’étranger. Il y a une semaine, USA Today affirmait que la NSA a aussi collecté auprès de compagnies de téléphone les listes de dizaines de millions d’appels d’Américains ordinaires. Une loi de 1978, le Foreign Intelligence Surveillance Act, contraint le gouvernement à solliciter un mandat de la justice pour procéder à pareilles écoutes sur le sol américain.

"MANQUE DE CONFIANCE CORROSIF"

M. Hayden a réaffirmé, jeudi, que ces écoutes sont légales. "Si j’ai mis en place ce programme en octobre 2001, a-t-il précisé, c’est parce que ma responsabilité est de défendre la nation et la sécurité de la République. Je crois sans hésitation que le programme de la NSA de surveillance du terrorisme est légal, nécessaire et sans lui le peuple américain sera moins en sécurité. Il vise Al-Qaida et est surveillé étroitement en interne pour éviter tout abus. S’il avait existé avant les attaques, au moins deux pirates de l’air qui se trouvaient à San Diego auraient été identifiés."

Même la sénatrice républicaine Olympia Snowe s’en est pris à l’administration, qui, en n’informant pas le Congrès sur ce que faisait la NSA avant les révélations de la presse, a créé "un manque de confiance corrosif". Poussé dans ses retranchements par le sénateur démocrate Carl Levin, M. Hayden a reconnu que, "depuis le début, à la NSA, nous savions qu’il s’agissait d’une question grave. Nous avons changé d’environnement après le 11-Septembre. Mais nous veillons à l’équilibre entre la sécurité et la protection de la vie privée."

Les prochaines séances d’audition du général se tiendront à huis clos. En dépit de la controverse sur les écoutes, le numéro un de la majorité républicaine au Sénat, Bill Frist, estime que la confirmation de M. Hayden à la tête de la CIA sera rapide. "C’est un homme qui a vingt ans d’expérience dans le renseignement. Il est connu comme un réformateur, quelqu’un ayant une vision stratégique. Pour moi, c’est la personne idéale en ce moment."

Lors des six années passées à diriger la NSA, le général Hayden a modernisé l’agence confrontée à un bouleversement technologique rapide dans le monde des télécommunications. "Il a changé la culture là-bas", a déclaré au New York Times Brent Scowcroft, qui a eu sous ses ordres au Conseil national de sécurité, de 1989 à 1991, le général Hayden. Mais l’arrivée d’un militaire à la tête de la CIA pose problème. L’agence est en effet en conflit avec le Pentagone qui, sous l’impulsion du secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, n’a cessé de lui faire concurrence avec ses propres services de renseignement.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :