mardi 17 octobre 2017

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Metro met en place sa stratégie RFID

Jo Best, Silicon.com - ZDNet France

lundi 6 septembre 2004, sélectionné par Spyworld

Satisfaite des résultats de son expérience « magasin du futur », la chaîne de vente en gros a décidé de démarrer le déploiement, dès cette année, de la technologie RFID dans ses chaînes d’approvisionnement. Malgré quelques problèmes techniques à régler.

Implantée dans 28 pays avec un effectif de 240.000 salariés, la chaîne Metro est l’une des premières multinationales de la distribution qui prévoit d’implanter à grande échelle la technologie RFID, ou d’identification par radiofréquence. Elle vient de terminer une expérience d’un an sur un site baptisé Future Store Initiative situé en Allemagne

Selon son responsable, Gerd Wolfram, les résultats obtenus sont impressionnants, malgré quelques problèmes. « Nous avons commencé par tester la technologie, pour savoir si elle fonctionnait », explique Wolfram. « Ensuite, nous avons monté un dossier pour voir où la RFID pourrait être appliquée. » C’est sur la visibilité de la chaîne d’approvisionnement, que les balises de suivi ont fourni à Metro les meilleurs résultats. Leur utilisation a représenté un progrès considérable par rapport aux codes-barres traditionnels.

« Nous avons fait le test dans l’entrepôt même... Nous savions [exactement] où les marchandises se situaient. Avec les codes-barres, nous savions qu’elles étaient dans l’entrepôt, sans plus de précision : dans la salle d’entreposage ou la cour de ravitaillement ? Et quand elles étaient dans la cour de ravitaillement, là aussi nous ne savions pas où », se souvient-il.

D’après les résultats du projet Future Store, Metro a estimé que l’efficacité des processus avait augmenté de 12% à 17% tandis que les pertes et vols avaient été réduits de 11% à 18%. Quant à la disponibilité des marchandises, elle s’était améliorée de 9% à 14%.

Convaincue par ces résultats, la chaîne a planifié un déploiement complet qui démarrera en novembre prochain pour se terminer en décembre 2005. Il impliquera 100 fournisseurs, 269 magasins et 8 centres de distribution.

Une technologie trop couteûse pour les détaillants

Cependant, Metro n’occulte pas quelques difficultés. « Nous avons rencontré des problèmes technologiques avec le balisage des articles : ils n’étaient pas tous lus sur les étagères. Il y avait ces fameux angles morts [sur les lecteurs RFID installés dans les étagères] », explique-t-il, et les produits métalliques et liquides posaient des problèmes.

« Il y a aussi un facteur prix », ajoute-il. Le coût des balises et des lecteurs, ainsi que de l’ingénierie et du câblage nécessaires sur toute la chaîne d’approvisionnement, est prohibitif, même pour les plus grandes chaînes de vente au détail. Wolfram estime ainsi que le balisage des articles, par opposition aux caisses et palettes, n’est pas près de se produire pour les détaillants. Selon lui, il faudra attendre 10 à 20 ans avant que les produits individuels ne portent les puces.

Une information qui ne déplaira pas aux groupes de défense des droits civils et de la vie privée. Rappelons qu’en mars dernier Metro s’est fait épinglé par l’association américaine Caspian (ainsi que d’autres collectifs allemands), lorsque des puces RFID, dans le cadre du projet Future Store, ont été découvertes dans des cartes de fidélité délivrées aux clients.

Pour certains toutefois, le balisage des articles est inéluctable ; il s’agit uniquement de savoir quand il sera mis en place. « Il ne fait aucun doute que le balisage des articles se produira », a ainsi affirmé Simon Merriott, directeur des applications RFID chez KSA, société de conseil.

Mais la technologie RFID aura sans doute du mal à éviter une autre controverse. Selon une étude réalisée par le cabinet Yankee Group, quatre millions d’emplois seront affectés par cette technologie aux États-Unis, dans la mesure où l’automatisation des processus modifiera le rôle des employés chez les détaillants.

Gerd Wolfram a déjà avancé le chiffre de 17% de réduction de la main-d’œuvre, en affirmant toutefois qu’aucun emploi ne serait perdu. « Il n’y aura pas de diminution de la masse salariale, mais une transformation des emplois », a-t-il assuré. Les employés de Metro se verront attribuer des tâches différentes.

Pour en savoir plus : Les puces RFID ne sont pas encore prêtes pour investir les supermarchés


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