dimanche 22 octobre 2017

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CIA : Hayden assume son programme d’écoutes et souhaite tirer les leçons des erreurs sur l’Irak

Le Figaro, avec AP et AFP

jeudi 25 mai 2006, sélectionné par Spyworld

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Désigné par le président américain pour prendre la tête de la CIA, le général a fermement défendu le programme controversé d’écoutes extrajudiciaires qu’il a supervisé quand il était à la tête de la NSA, l’agence chargée du renseignement électronique.

Le directeur désigné de la CIA, le général Michael Hayden, a fermement défendu le programme d’écoutes téléphoniques non autorisées qui est au cœur d’une importante polémique aux Etats-Unis. « Je ne pouvais pas ne pas le faire », explique-t-il en référence à la décision personnelle, prise en octobre 2001, de mettre en place programme, lors de son audition devant la commission du Sénat sur le renseignement.

Selon lui, le programme est « surveillé étroitement » en interne, vise uniquement les communications d’« Al-Qaïda » et « contribue de manière substantielle à la sécurité de la République ». Avec le souci de « maintenir un équilibre entre la protection de la vie privée et la sécurité », assure Hayden.

Il a obtenu le soutien du président de la commission sénatoriale, le républicain Pat Roberts, qui a jugé le programme d’écoutes « légal » et « nécessaire ». « Sans lui, les Américains seraient moins protégés », a-t-il estimé.

Les relevés d’appels téléphoniques de dizaines de millions d’Américains

Michael Hayden, 61 ans, a été choisi la semaine dernière par le président George W. Bush pour diriger la CIA, après la « démission » de Porter Goss. Sa nomination doit encore être approuvée par le Sénat. Le processus de confirmation intervient en pleine controverse sur les activités de la NSA, l’agence chargée du renseignement électronique. Le quotidien USA Today a révélé la semaine dernière que la NSA collectait en secret des relevés d’appels téléphoniques passés par des dizaines de millions d’Américains grâce à la collaboration d’opérateurs de télécommunications.

L’administration Bush n’a ni confirmé ni démenti ces informations qui sont venues s’ajouter aux révélations du New York Times en décembre sur l’existence d’un programme de la NSA pour écouter des appels téléphoniques entre les Etats-Unis et l’étranger. Le président Bush avait reconnu l’existence de ce programme mais avait assuré qu’il était légal et ne visait que les organisations comme Al-Qaïda. Michael Hayden, actuellement le bras droit du directeur national du renseignement, John Negroponte, qui chapeaute notamment la CIA, a dirigé la NSA entre 1999 et 2005.

« Parler vrai au pouvoir »

Concernant son futur poste à la tête de la CIA, le général a promis de tirer les leçons des erreurs commises par l’agence de renseignement sur les armes de destruction massive supposées détenues par l’ancien président irakien Saddam Hussein. « Je prends très au sérieux les leçons (...) de votre enquête sur les renseignements avant la guerre contre l’Irak sur les armes de destruction massive », a-t-il dit aux sénateurs. Sa nomination a suscité des inquiétudes chez des parlementaires sur son indépendance à l’égard du pouvoir et sur ses liens avec le Pentagone qui a une influence croissante dans le renseignement.

« Une des principales questions est de savoir si le général Hayden restaurera l’indépendance analytique et l’objectivité à la CIA et parlera vrai au pouvoir ou s’il soutiendra la politique de l’administration Bush et induira en erreur le Congrès et les Américains comme l’(ancien) directeur George Tenet l’a fait », a déclaré le sénateur démocrate Carl Levin.

Michael Hayden a promis d’agir en parfaite indépendance et de dire ce qu’il pense à ses supérieurs. « Quand il s’agira de ‘parler vrai au pouvoir’, je servirai d’exemple aux analystes de la CIA », a-t-il affirmé. S’il est confirmé au poste de directeur, Le général Hayden prendra la tête d’une CIA en crise. L’agence de renseignement a perdu sa crédibilité depuis les attentats du 11 septembre 2001 qu’elle n’a pas réussi à empêcher et, ensuite, avec les erreurs sur l’Irak et les supposées armes de destruction massives.


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