samedi 16 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Une perquisition du FBI au Congrès déclenche la fureur des élus de tout (...)

Une perquisition du FBI au Congrès déclenche la fureur des élus de tout bord

Alain Salles, le Monde

vendredi 26 mai 2006, sélectionné par Spyworld

logo

Le député démocrate de Louisiane, William Jefferson, n’est pas seulement au centre d’une nouvelle affaire de corruption à la Chambre des représentants. Il est devenu la source d’un imbroglio politique, judiciaire et constitutionnel sur l’équilibre des pouvoirs entre les branches exécutive et législative.

Samedi 20 mai, le Bureau fédéral d’enquêtes (FBI) - qui dépend du ministère de la justice - perquisitionnait au Congrès pour fouiller le bureau de cet homme politique soupçonné d’avoir touché des commissions en échange de ses services pour faciliter les relations d’une société avec le Nigeria. En 2005, le FBI avait filmé le parlementaire en train de recevoir 100 000 dollars de la part d’un intermédiaire. Peu de temps après, le bureau fédéral, lors d’une perquisition à son domicile, trouvait 90 000 dollars en liquide, cachés dans le congélateur. Un homme d’affaires a reconnu avoir donné plus de 350 000 dollars à M. Jefferson.

Le parlementaire continue à clamer son innocence. Il a reçu l’appui inattendu du président républicain de la Chambre des représentants, Dennis Hastert. Ce dernier a dénoncé dans une inhabituelle conférence de presse commune avec la responsable démocrate, Nancy Pelosi, l’intrusion d’une agence fédérale dans les bureaux du Parlement. Une première dans l’histoire américaine. En dénonçant une "invasion" du FBI, le leader républicain John Broehner a prédit que l’affaire finirait à la Cour suprême.

RÉVÉLATION

Pour calmer les esprits, George Bush a demandé, jeudi 25 mai, que les dossiers saisis soient gelés pendant 45 jours, le temps de trouver une réponse juridique à la question. Et de préciser : "Ceux qui violent la loi - y compris des membres du Congrès - doivent rendre des comptes."

Plusieurs parlementaires sont soupçonnés de corruption. Le député de Californie, Randy Cunningham, a été condamné à huit ans de prison pour avoir touché des pots-de-vin. Mais c’est l’affaire Abramoff qui fait le plus de vagues. Ce lobbyiste républicain a plaidé coupable pour corruption. Deux parlementaires républicains, Robert Ney, de l’Ohio, et surtout l’ancien chef de la majorité Tom DeLay, qui a démissionné, sont éclaboussés par ce scandale qui déstabilise la machine républicaine. Un ancien officiel de la Maison Blanche, David Safavian, est en procès à Washington en raison de ses liens avec Jack Abramoff.

C’est dans ce contexte chargé que la chaîne de télévision ABC a annoncé que le président de la Chambre lui-même faisait l’objet d’une enquête du FBI, dans le cadre de l’affaire Abramoff. Cette révélation a déclenché la fureur de M. Hastert qui dénonce une action de "représailles" de la part du FBI, en raison de ses positions contre la perquisition au Congrès. Le ministère de la justice a démenti que M. Hastert faisait l’objet d’une enquête. ABC maintient ses informations.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :