mercredi 18 octobre 2017

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Ces détectives montrés du doigt par la DST

Karl Laske, Libération

lundi 29 mai 2006, sélectionné par Spyworld

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La Direction de la surveillance du territoire avait évoqué les investigations parallèles de trois agents.

Une affaire d’Etat ne va pas sans une petite dose d’espionnite. En décembre 2004, le patron de la DST, Pierre Bousquet de Florian, signalait le rôle présumé de sociétés de sécurité dans l’affaire Clearstream : « Trois agents privés de recherche, MM. Frédéric Bauer, Pierre Miallot, Hervé Séveno (des cabinets Sécurité sans frontières et I2F), auraient pu (mais au profit de qui ?) déployer des moyens techniques en relation avec l’affaire. » Ces « privés » vivent mal les accusations sans preuve du contre-espionnage. Contrecoup de leur notoriété.

« Courir ». Le Top 100 de l’intelligence économique (1) signale les « connexions à l’Elysée et Matignon » d’Hervé Séveno, ex-policier « antiterroriste » passé par la brigade financière : « Il connaît bien le Premier ministre, Dominique de Villepin, avec qui il lui est arrivé de courir. Il entretient à l’Elysée des relations étroites avec Maurice Goudault-Montagne, l’influent conseiller diplomatique de Jacques Chirac. »

Frédéric Bauer a aussi de bonnes fréquentations. Proche de Michel Roussin ­ il est originaire comme lui de Casablanca ­ et de Patrick Maugein, homme d’affaires chiracophile, il a géré la sécurité de Dassault puis de Pinault-Valenciennes, avant d’effectuer des missions pour EADS. « Je suis complètement étranger à l’affaire Clearstream, s’indigne Bauer. Miallot et Séveno étaient dans le même groupe que moi (les Assurances et conseil Saint-Honoré, ndlr). » Bauer se plaint d’avoir subi « la rumeur » de s’être intéressé de trop près aux démêlés sentimentaux de Sarkozy. Pure suspicion de l’entourage du ministre. « Il peut chercher. Il trouvera jamais rien », dit-il.

« Où sont les éléments probants qui permettent de dire qu’Hervé Séveno a fait tel type d’enquête pour le compte de Villepin ? C’est de l’amalgame, s’indigne Pascal Irrastorza, ex-journaliste devenu conseiller en « gestion de crise ». Villepin peut connaître qui il veut. Séveno dirige une boîte d’intelligence économique. Il ne fait pas de tricoche, ni d’écoute. » Il y aurait confusion : « Gergorin a missionné la société de Bauer pour assurer la sécurité d’Arnaud Lagardère, poursuit-il. Ils ont fait aussi un audit sur la mort de Jean-Luc Lagardère. Si Gergorin en parle si souvent, ce n’est pas un hasard... » En réalité, Bauer aurait seulement « sécurisé » les locaux de la direction de Matra et pris en charge la protection du fils Lagardère.

Note. A la demande de Gergorin, en revanche, Pierre Miallot, le troisième privé cité par la DST, a bien rédigé un rapport sur Pierre Martinez, l’ex-haut policier embauché par Thomson, qui se retrouvera sur les listings. « J’avais rien contre Martinez, se défend Miallot. Il m’avait été présenté comme le maître d’oeuvre d’une déstabilisation. J’ai fait une note qui ne contenait que des "on dit". » Martinez l’apprend. Miallot et Gergorin plaident, devant lui, le « malentendu ».

(1) Edité par Intelligence Online.


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