lundi 23 octobre 2017

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Washington se méfie des ordinateurs de l’industriel chinois Lenovo

Pierre-Yves Dugua, le Figaro

lundi 29 mai 2006, sélectionné par Spyworld

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Le président du conseil d’administration du groupe chinois a qualifié d’« injuste » la décision du département d’Etat de ne pas installer d’ordinateurs Lenovo sur son réseau sécurisé.

YANG YUANQING crie à l’injustice. Le président du conseil d’administration de Lenovo estime que ses produits sont victimes d’une discrimination de la part du gouvernement américain. Le Département d’État vient en effet d’écarter l’utilisation sur son réseau sécurisé de quelque 16 000 ordinateurs personnels de la marque chinoise récemment achetés.

Dans une lettre adressée au Congrès, le ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis précise que ses experts en sécurité informatique recommandent l’usage des PC Lenovo pour le seul traitement de documents non confidentiels. Initialement, il avait été prévu que 900 d’entre eux seraient connectés au réseau du Département d’État, à Washington, et dans des ambassades et consulats du monde entier.

L’affaire crée un précédent dans la mesure où le Département d’État promet désormais de modifier ses méthodes d’achat « au vu du changement de propriétaire des fournisseurs d’équipements technologiques ». Les machines concernées sont en fait assemblées en Caroline du Nord et au Mexique avec des circuits intégrés provenant de Taïwan. Lenovo a hérité de ces usines en rachetant l’an dernier les activités d’ordinateurs personnels d’IBM pour 1,75 milliard de dollars.

La vente par IBM mal digérée par des élus américains

Cette transaction voulue par IBM pour se débarrasser d’un pôle déficitaire a propulsé Lenovo au rang de numéro trois mondial de la micro-informatique, derrière Dell et Hewlett-Packard. Bien qu’approuvée par le comité interministériel américain chargé de surveiller les investissements étrangers, l’acquisition par Lenovo continue d’être mal vue par certains élus américains.

Une commission créée par le Congrès pour surveiller les relations sino-américaines estime que la Chine a fait des Etats-Unis sa priorité en matière d’espionnage. Le risque d’incorporation dans des ordinateurs personnels chinois de composants ou de logiciels qui pourraient être activés pour donner à Pékin un accès à des secrets d’État, est jugé crédible par le président de cette commission, un ancien militaire, spécialiste de la Chine et des affaires de renseignement.

Et puis certains élus invoquent les violations de droits de l’homme en Chine pour critiquer le principe même de l’obtention de contrats publics par une firme contrôlée par le gouvernement chinois. Les dirigeants de Lenovo y voient une « mentalité de guerre froide » et affirment que leurs usines présentent toutes les garanties de sécurité prévues par la loi américaine.

Lenovo vise avant tout le marché des entreprises aux Etats-Unis. La société n’entend pas s’attaquer au marché grand public avant 2007. Dans ce contexte, la controverse sur la ségrégation de ses machines par le Département d’État n’est pas bienvenue.


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