dimanche 22 octobre 2017

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Ecoutes de l’Elysée : Mitterrand dans le texte

nouvelobs.com

mercredi 16 février 2005, sélectionné par Spyworld

François Mitterrand évoquait lui-même dans "Le coup d’Etat permanent" le "cabinet noir" au dessus du ministre de l’Intérieur.

En 1965, François Mitterrand stigmatisait les dérives du régime gaulliste et de son chef, abrité derrière "un filet protecteur aux mailles serrées". Lors de leur plaidoiries, les avocats des parties civiles ont dénoncé les dérives de la cellule créée en 1982 par l’ancien président de la République. Depuis lundi, les avocats des "personnes écoutées" par la cellule ont cité François Mitterrand pour asseoir leur plaidoiries contre les membres de cette cellule. Ainsi Me Philippe Lévy, a puisé quelques références dans "Le coup d’Etat permanent", le pamphlet mitterrandien contre la Ve République. "Un régime autoritaire et personnel est contraint d’organiser autour de son chef un filet protecteur aux mailles serrées". François Mitterrand évoquait le "cabinet noir" au dessus du ministre de l’Intérieur et menant "ses propres enquêtes".

"Y prendre garde"

Le bâtonnier Bernard Bigault du Granrut, avocat de l’ordre des avocats, a prêté serment en novembre 1940. Sa mémoire est toujours vaillante. Aussi a-t-il rappelé au tribunal correctionnel de Paris les propos de l’ancien président lors de la rentrée du barreau de Paris en 1982."Les écoutes, c’est intéressant. Nous sommes obligés d’y prendre garde à tout moment, vous comme moi. Il faut qu’il y ait une règle", déclarait François Mitterrand. Six mois plus tard, la cellule était sur pied. "On peut être assez étonné", a déclaré l’avocat se demandant si cette attitude ne relevait d’une "certaine immoralité de la société". Ces écoutes constituent une "atteinte à la démocratie", a plaidé Me du Granrut. "Le rôle pédagogique de votre décision est de rappeler qu’une écoute est une effraction", a demandé Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, avocat du journaliste Jacques Merlino. "Nous sommes dans la négation de l’Etat de droit. La toute-puissance du sommet de l’Etat s’arroge des prérogatives et des droits à des fins d’autoprotection", a souligné Me Yann Chouq, conseil de l’avocat Antoine Comte et de sa compagne, écoutés plus que de raison par la cellule de l’Elysée. Les plaidoiries se poursuivront mercredi matin. Le réquisitoire doit commencer mercredi à 10h. Les douze prévenus sont jugés pour "atteinte à l’intimité de la vie privée" des personnalités placées sur écoute entre 1983 et 1986 ou "conservation en mémoire informatisée de données nominatives". Le procès doit s’achever le 23 février. (AP)


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