jeudi 19 octobre 2017

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Vols secrets de la CIA : plusieurs pays européens réfutent les conclusions du Conseil de l’Europe

Le Monde, avec AFP

mercredi 7 juin 2006, sélectionné par Spyworld

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Grande-Bretagne, Grèce, Espagne, Pologne, Roumanie... Plusieurs pays européens ont vigoureusement rejeté, mercredi 7 juin, les conclusions d’un rapport du Conseil de l’Europe qui les a accusés de violations des droits de l’homme en autorisant la CIA, au moins tacitement, à transférer ou à détenir sur leur sol des terroristes islamistes présumés.

Soupçonnées d’avoir abrité des prisons clandestines des services secrets américains, la Pologne et la Roumanie, deux fidèles alliés des Etats-Unis depuis la chute du communisme, ont été les premières à réfuter les accusations figurant dans le rapport dirigé par le parlementaire suisse Dirk Marty. "Ce sont des calomnies qui ne reposent sur aucun fait", a déclaré le premier ministre, Kazimierz Marcinkiewicz. "Il est possible qu’il y ait eu des vols [d’avions de la CIA], mais j’ignore tout d’un transport ou d’une détention en Pologne de terroristes d’Irak", a déclaré Marek Biernacki, un ex-ministre polonais de l’intérieur.

"Le rapport de M. Marty ne fournit pas de preuves sur la présence de centres de détention en Roumanie", a expliqué la présidente de la commission parlementaire d’enquête sur les vols supposés de la CIA en Roumanie, Norica Nicolai. Mme Nicolai, dont la commission doit publier le rapport prochainement, a également ajouté qu’il n’y avait pas de preuves que des avions appartenant à la CIA aient même atterri en Roumanie. Par le passé, le président roumain, Traian Basescu, a cependant affirmé qu’il y avait eu des "atterrissages d’avions" dans le cadre de la coopération entre services secrets roumains et américains.

L’ALLEMAGNE MOINS AFFIRMATIVE

"Le rapport du Conseil de l’Europe n’ajoute absolument rien", a déclaré, pour sa part, le premier ministre britannique, Tony Blair, lors de la séance de questions hebdomadaires à la Chambre des communes. "Nous avons dit tout ce que nous avions à dire sur ce sujet et il n’y a rien à ajouter." L’Espagne a également rapidement réagi. "Nous rejetons de façon ferme et catégorique" les conclusions du rapport, a affirmé un porte-parole du ministère des affaires étrangères. "L’Espagne n’a aucunement participé, de façon active ou passive, à des opérations de transfèrement de prisonniers."

La Grèce a aussi démenti avoir coopéré avec la CIA ou avoir toléré des vols secrets liés à des transferts illégaux de détenus. "La Grèce respecte strictement les lois, les réglementations et les traités internationaux de l’aviation civile pour tout appareil qui arrive ou quitte le pays", a affirmé le porte-parole adjoint du gouvernement, d’Evangélos Antonaros, interrogé sur le sujet lors de son point de presse quotidien.

Moins affirmatif, le porte-parole adjoint du gouvernement allemand, Thomas Steg, s’est borné à indiquer que le gouvernement Merkel désirait examiner soigneusement les détails et les formulations contenues dans le rapport Marty. Il compte en informer la commission de contrôle des services secrets du Bundestag, avant une éventuelle prise de position officielle.

Enfin, Les Etats-Unis ont dénoncé à leur tour le rapport du Conseil de l’Europe affirmant qu’il contient "beaucoup d’allégations mais pas de faits réels". "Je n’y vois aucun fait solide. Il y a l’air d’avoir beaucoup d’allégations mais pas beaucoup de faits derrière" a déclaré le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack.


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