vendredi 15 décembre 2017

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Le projet de bouclier antimissile a du plomb dans l’aile

AFP via Ixarm

mercredi 16 février 2005, sélectionné par Spyworld

Le nouvel échec survenu lundi d’un test du projet de bouclier antimissile américain relance les questions sur la fiabilité de cet ambitieux projet de défense du territoire américain cher à l’administration de George W. Bush.C’est la seconde fois en deux mois que l’Agence américaine de défense antimissile (MDA) essuie un échec. Une nouvelle fois, comme lors de l’essai du 15 décembre, le missile intercepteur qui devait être lancé depuis une base du Pacifique pour contrer un missile cible lancé depuis une base en Alaska n’a pas réussi à décoller.Selon le MDA, le problème survenu lundi provient d’une défaillance "dans un équipement du système au sol non du missile intercepteur lui-même".Le précédent échec avait été imputé à une "défaillance mineure" dans le système informatique précédant la mise à feu.Le dernier essai ayant été couronné de succès remonte à plus de deux ans."Ce programme est en grosse, grosse difficulté. Il est temps de revoir son budget et de revoir son calendrier", a estimé Joseph Cirincione, un spécialiste du Carnegie Endowment for International Peace, centre de réflexion sur les questions de Défense.Le Pentagone a déjà consacré 130 milliards de dollars à ce programme de défense antimissile et prévoyait de consacrer au cours des cinq prochaines années plus de 50 milliards de dollars à ce système héritier du projet de défense antimissile de l’ex-président Reagan surnommé la "Guerre des étoiles".Mais, dans le projet de budget pour 2006, le Pentagone a prévu de réduire de d’un milliard de dollar cette année et de cinq milliards de dollars sur les six prochaines années les dépenses consacrées à ce projet.Le programme a suscité de nombreuses critiques, tant sur sa nécessité, que sur son coût jugé exorbitant et ses ses capacités technologiques.Durant la campagne présidentielle, M. Bush avait promis que le système serait opérationnel pour fin 2004.Aucun des huit tests d’interception menés n’ont recréé les conditions réelles d’une situation de guerre, s’accordent à dire des experts indépendants ou travaillant pour le gouvernement.Au total, cinq de ces tests ont réussi mais toujours dans des conditions de grande visibilité, jamais de nuit ou par météo défavorable et les missiles, dont la vitesse était limitée, étaient pratiquement dépourvus de contre-mesures. Au contraire, les intercepteurs possédaient des informations essentielles sur l’heure et la trajectoire des missiles ennemis, grâce à des balises incorporées dans la tête des missiles adverses.Le projet de bouclier antimissile intègre un vaste réseau de détection radar couplé avec des missiles intercepteurs. Le système est censé défendre les Etats-Unis d’une attaque par un petit nombre de missiles lancés par un pays ennemi, comme la Corée du Nord ou l’Iran.Six missiles intercepteurs ont commencé à être installés en Alaska (nord-ouest), à Fort Greely, et deux ont été déployés sur la base aérienne Vanderberg en Californie (ouest). Dix nouveaux missiles intercepteurs devraient être installés en Alaska cette année.Un troisième site pour les missiles intercepteurs pourrait être ajouté à long terme en Europe, dans un lieu à déterminer. Mais en raison des coupes budgétaires qui interviendront en 2006, cette perspective, initialement envisagée pour 2009, a été repoussée d’au moins un an, selon un responsable du Pentagone.


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