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Les ambitions militaires du Japon passent par les Etats-Unis

jeudi 8 juin 2006, sélectionné par Spyworld

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Pas de trêve dans la course aux armements en Asie. La Chine a prévu d’augmenter ses dépenses militaires de 14,7 %, les portant à 35 milliards de dollars en 2006. Le premier ministre japonais s’en est inquiété, oubliant de préciser que son propre budget de la défense atteint déjà... 40 milliards de dollars. Et le nouvel accord stratégique avec les Etats-Unis va renforcer l’alliance politique et militaire entre Tokyo et Washington.

Surnommée « Keystone of the Pacific » en raison de sa position centrale dans la géopolitique asiatique, l’île d’Okinawa subit depuis la seconde guerre mondiale les conséquences des décisions des stratèges de Tokyo et de Washington. Après avoir été le théâtre en 1945 de l’un des affrontements les plus sanglants de la guerre du Pacifique (1), Okinawa est devenue une colonie militaire américaine. Occupée par les Etats-Unis jusqu’en 1972 - vingt ans de plus que le reste du Japon -, elle est désormais gratifiée de 37 bases américaines, soit 26 000 militaires et leurs familles pour une population locale de 1,35 million d’habitants (2).

Une telle concentration militaire sur un territoire restreint - 100 kilomètres de long pour une quinzaine de large - et dans des zones à forte densité de population pose d’innombrables problèmes quotidiens : nuisances sonores très supérieures aux seuils autorisés, criminalité, accidents lors de manœuvres et dangerosité de certains entraînements, en particulier les exercices à balles réelles.

« Ces bases, je les hais », commence M. Tomohiro Yara, qui réside à proximité de Kadena, la plus vaste et la plus active des installations aériennes américaines en Extrême-Orient. « Il arrive que, même à 2 ou 3 heures du matin, je sois réveillé par le bruit des appareils. Je peux voir les jets passer au-dessus de ma tête, et parfois des parties métalliques ou des objets tombent dans mon jardin. » Le problème des bases est redevenu une question nationale en 1995, après le viol d’une fillette par trois marines. « Cela a été un véritable choc pour l’opinion publique. La situation d’Okinawa n’avait plus été médiatisée depuis le retour sous administration japonaise en 1972 », se souvient un journaliste, membre du comité éditorial du quotidien local The Okinawa Times.

Pour autant, les mêmes problèmes perdurent, avec pour symbole la base aérienne de Futemma, qui occupe 4 800 hectares en plein cœur d’une ville de plus de 80 000 habitants. On peut encore apercevoir à proximité l’emplacement d’un bâtiment de l’université détruit par le crash d’un hélicoptère américain, le 13 août 2004.

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