lundi 11 décembre 2017

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Bienvenue à bord de la « Motte-Picquet » !

Jad Semaan, l’Orient-Le Jour

samedi 10 juin 2006, sélectionné par Spyworld

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Bâtiment ami à bâbord ! La Motte-Picquet aura passé trois jours et trois nuitées en rade à Beyrouth. Elle appareillera aujourd’hui et patrouillera en Méditerranée avant de mettre le cap sur son « port d’attache », la base navale de Toulon. Bien sûr, il y a l’avenue qui part de la place des Invalides et coupe le 7e arrondissement de Paris. Mais voici la sixième frégate d’une série de sept bâtiments conçus en 1970 et portant, tous, le nom de figures ayant fait les beaux jours de la marine française. Ce n’est pas un fameux trois-mâts et il n’est pas fin. C’est une vraie machine de guerre au service de la paix nommée F70. Et elle en impose. La frégate disloque 4 600 tonnes à pleine charge avec un tirant d’eau de 5,7 mètres. Plus longue qu’un terrain de foot (140 mètres), elle est large comme deux cages de but (14 mètres). Mais qu’est-elle donc venue faire dans nos eaux territoriales ? « Nous sommes venus établir des liens avec la communauté française, apporter notre aide à la marine libanaise et découvrir ce très beau pays », a affirmé le commandant (ou pacha, dans le jargon des marins), Xavier Gariel qui s’est dit « heureux d’être pour la première fois au Liban » après avoir bourlingué 27 ans dans les mers. L’équipage de la Motte-Picquet a, en effet, mené une mission technique à bord de deux EDIC (Engin de débarquement d’infanterie et de chars) offerts par la France à la marine libanaise : Damour et Tyr. Ensemble, militaires libanais et français ont également inspecté les radars de l’armée libanaise qui veillent sur toute la frontière ouest du pays (la Méditerranée).

Enquête de pavillon

Car l’une des missions de la frégate est de coopérer avec les marines amies pour assurer la sécurité des mers, lutter contre le terrorisme, le trafic de marchandises, d’armes ou même d’armes de destruction massive (ADM). « L’enquête de pavillon » est l’une de ses spécialités : il s’agit d’arraisonner des navires suspects, savoir d’où ils viennent, où ils vont et vérifier leur cargaison, conformément aux conventions sur les droits de la mer, ratifiées par plusieurs pays. Dans le cadre de la lutte anti-terroriste, la Motte-Picquet a récemment appareillé au large de la Somalie et du Golfe, à l’affût de bateaux « dangereux ». La mission première de la frégate reste, toutefois, la lutte anti-sous-marine en haute mer. Pour toutes ces missions, la Motte-Picquet dispose de missiles antinavires de type Exocet, de missiles antiaérien Crotale et Mistral (pour se défendre en cas d’attaque), de canons de 100 mm et de 20 mm (les derniers étant devenus indispensables dans la lutte contre les petites embarcations de terroristes) et de torpilles de type L5 anti-sous-marins (c’est l’arme privilégiée de la Motte-Picquet : elle trouve elle-même sa cible). Il suffirait d’un regard sur la mâture et d’un tour dans la Centrale d’opérations (C.O pour les intimes) pour deviner de quels appareils de guerre électroniques la Motte-Picquet est équipée : un sonar d’étrave, un sonar remorqué profond (opérationnel à 700 mètres de profondeur), une antenne d’écoute en très basse fréquence, un système de transmission par satellite Syracuse, un système de lance-leurres, un radar de navigation, un autre d’aide à l’appontage et un troisième de veille air-surface, etc.

Une Porshe sur mer

La cerise sur la plate-forme est bien entendu l’hélicoptère de combat Lynx capable, entre autres, de transporter neuf commandos. La frégate est l’un des 50 appareils de premier rang sur les 125 que regroupe la Force d’action navale. Ils vont du petit patrouilleur au porte-avions (Charles de Gaulle en l’occurrence). La marine française compte quelque 45 000 militaires et 11 000 civils. La Motte-Picquet abrite 226 hommes d’équipage, répartis entre officiers, officiers mariniers, quartiers-maîtres et matelots. Bien que capable d’accueillir jusqu’à vingt femmes, tous grades confondus, le bâtiment n’a pas encore été « féminisé ». Ce qui laisse penser qu’il pourrait, dans le futur, accueillir des marins femmes. Pour en venir à la vitesse de ce joyau, elle équivaut à 20 nœuds lorsque les deux moteurs diesel (d’une force de 10 000 chevaux-vapeur chacun) sont actionnés. Mais lorsque les deux turbines à gaz (de 50 000 CV chacun) sont lâchées, la vitesse peut passer de 0 à 30 nœuds en l’espace de trois minutes. Autant dire que c’est une Porsche sur mer. Et pour être parmi les chanceux qui passent quelque 150 jours par année à bord de la Motte-Picquet, ou barouder à bord d’autres bâtiments de guerre, il faudrait avoir fait l’école navale en France ou être passé par l’un des centres d’instruction navale... À moins d’être parmi les deux à trois officiers que recrute, tous les ans, la marine libanaise.

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