jeudi 19 octobre 2017

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Les satellites d’observation de la Terre vers une coopération planétaire

Cyrille Vanlerberghe, Le figaro

vendredi 18 février 2005, sélectionné par Spyworld

L’étendue exceptionnelle du tsunami du 26 décembre 2004 a malheureusement démontré l’importance des moyens satellitaires pour aider les secours après le drame. C’est dans ce contexte que les plus grandes agences spatiales se sont réunies cette semaine à Bruxelles, à l’invitation de la Commission européenne et de l’Agence spatiale européenne (ESA), pour améliorer la coopération mondiale pour l’observation de la Terre. Premier acte concret de ce grand forum mondial, l’agence spatiale japonaise Jaxa a signé la charte internationale « Espace et catastrophes majeures » qui met à la disposition des secours les informations recueillies par les satellites d’observation. Cette charte a été créée en 2000 à l’initiative de l’Agence spatiale européenne (ESA) et du Centre national d’études spatiales (Cnes). Elle a été activée plus de soixante fois depuis sa création, notamment après le tsunami du 26 décembre, mais plus généralement après des séismes ou des inondations.

Sans attendre que de nouvelles catastrophes ne frappent la planète, les pays et les agences spatiales réunies à Bruxelles ont également approuvé un plan destiné à « améliorer notre connaissance de la Terre et de son fonctionnement ». Ce plan, baptisé Geoss, doit mettre en place un réseau mondial des systèmes d’observation de la Terre pour les dix prochaines années, afin d’améliorer la coordination des initiatives prises au niveau des pays ou des agences internationales. De nombreux satellites comme l’européen Envisat ou l’américain Terra surveillent depuis longtemps l’état environnemental de la planète, mais leur programmation n’a pas fait l’objet d’une collaboration internationale. « Les problèmes d’ampleur mondiale requièrent des solutions planétaires », a affirmé Janez Potocnik, commissaire européen chargé de la Recherche. La coordination des efforts permettrait d’éviter des redondances inutiles ou de réduire l’intervalle entre deux survols d’une même région du monde.

Et pour surveiller la planète dans son ensemble, aucune solution n’est plus adaptée que le satellite. L’observation de la Terre est d’ailleurs l’une des grandes priorités spatiales de l’Europe, avec le futur système de navigation par satellite Galileo. La Commission européenne et l’Agence spatiale européenne ont lancé conjointement en 2001 une initiative appelée GMES (surveillance globale pour l’environnement et la sécurité). Ce programme prioritaire de plusieurs milliards d’euros devrait permettre à l’Europe de se doter d’une capacité opérationnelle et autonome de surveillance de l’environnement d’ici à 2008. L’aspect « opérationnel » de ces futurs systèmes de surveillance de l’environnement représente l’un des plus grands enjeux du programme, puisque par le passé la plupart des satellites d’observation de la Terre étaient en fait des outils scientifiques expérimentaux, destinés avant tout aux chercheurs. Les satellites météorologiques ont été les premiers systèmes réellement opérationnels, puisqu’ils fournissent en permanence des données exploitées directement par les utilisateurs.


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