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Al-Qaida aurait projeté un attentat chimique dans le métro de New York en 2003

Le Monde, avec AP

lundi 19 juin 2006, sélectionné par Spyworld

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Quarante-cinq jours avant le "jour J", début 2003, Al-Qaida a annulé un attentat chimique dans le métro de New York, selon les extraits du livre du journaliste américain Ron Suskind publiés dimanche 18 juin par le magazine Time. Selon les experts cités par l’ancien reporter du Wall Street Journal et lauréat du prix Pulitzer, qui s’appuie sur une vaste enquête pour laquelle il dit avoir interrogé plus de cent sources, l’attentat aurait pu être aussi meurtrier que celui du 11 septembre 2001.

UNE "INVENTION" MORTELLE

Al-Qaida devait avoir recours à un engin qui permet de libérer facilement de l’acide cyanhydrique dans l’air. Ce poison, s’il est inhalé, tue en empêchant le sang d’absorber de l’oxygène. Les autorités américaines auraient découvert les plans de cette petite machine dans l’ordinateur d’un activiste islamiste du Bahreïn arrêté en février 2003. Les officiels américains, dont George W. Bush, sont restés bouche bée devant le prototype que les services secrets ont fabriqué, raconte Ron Suskind : une association de deux bouteilles "facile à réaliser", transportable et déclenchable à distance.

Selon Ron Suskind, l’"invention", surnommée "mubtakkar" , représente un "Graal" pour Al-Qaida. Les plans de la machine existent toujours mais, selon l’auteur de l’enquête, des cellules locales d’Al-Qaida ne prendraient pas l’initiative de l’utiliser sans avoir l’aval de hauts dirigeants.

On ne sait pas pourquoi Al-Qaida a demandé l’annulation du projet de New York. Les autorités américaines ont été informées par une "taupe" au sein de l’encadrement d’Al-Qaida que le numéro 2 du réseau islamiste, Ayman Al-Zawahri, avait annulé le complot en janvier 2003. Cet informateur a, selon Ron Suskind, désigné aux Américains l’un des organisateurs de l’attentat, un membre très actif d’Al-Qaida en Arabie saoudite, Youssef Al-Ayeri. Mais celui-ci a été tué le 31 mai dans un accrochage avec l’armée saoudienne, apparemment dans un accident. Pour M. Suskind, l’attaque chimique de New York aurait été jugée trop modeste par Al-Qaida pour succéder au 11-Septembre dans une stratégie d’escalade de la terreur.

"LA DOCTRINE DU 1%"

Dimanche, des porte-parole du FBI et de la Maison Blanche ont refusé "d’infirmer ou de confirmer" les faits avancés par Ron Suskind. Mais la police de New York a affirmé que les autorités étaient "au courant du complot et avaient pris les précautions appropriées".

Selon le sénateur démocrate de l’Etat de New York, Charles Schumer, la menace était bien réelle et des précautions ont été prises. Le parlementaire a dénoncé la décision du département de la sécurité intérieure de réduire de 40 % en 2006 les fonds fédéraux alloués à l’Etat de New York pour lutter contre le terrorisme. The One Percent Doctrine, écrit par Ron Suskind, doit sortir lundi aux Etats-Unis. Son titre évoque une phrase prononcée par le vice-président Dick Cheney, deux mois après le 11 septembre 2001, à propos de la possibilité qu’Al-Qaida construise une bombe nucléaire. "Même s’il n’y a qu’un pour cent de risque (...), nous devons considérer cette menace comme une certitude. Ce qui importe n’est pas notre analyse mais notre réponse." L’argument serait symbolique de la stratégie américaine contre le terrorisme.

Un des kamikazes du métro de Londres avait été repéré par les Américains

Les services secrets américains ont alerté leurs homologues britanniques à propos de Mohammed Sidique Khan, l’un des quatre kamikazes présumés des attentats du 7 juillet 2005 à Londres, affirme Ron Suskind dans son livre The One Percent Doctrine. Les Américains le soupçonnaient de projeter des attaques contre des synagogues aux Etats-Unis. Les Britanniques auraient eu l’occasion de l’arrêter lors d’opérations antiterroristes en 2003 et 2004 mais ils le soupçonnaient davantage de financer des réseaux que de projeter des attentats. - (Avec AP)


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