mardi 12 décembre 2017

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De la fiction romanesque à l’excellence opérationnelle

Arnaud de La Grange, le Figaro

mardi 20 juin 2006, sélectionné par Spyworld

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Créé par l’amiral Castex, l’Institut des hautes études de la défense nationale se penche aujourd’hui sur la question de l’intelligence économique.

POUR la première fois, cette année, la promotion de l’IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale) porte un nom, et non plus un seul numéro. Et le « parrain » choisi par les auditeurs de la 58e session n’est autre que l’amiral Castex, l’un des fondateurs de l’institution. Un élégant hommage, en ce 70e anniversaire de l’IHEDN, à celui qui fut l’un des plus brillants théoriciens de la pensée stratégique française. Et qui dirigea, à l’aube d’heures douloureuses - de 1936 à 1939 -, le Collège des hautes études de défense nationale, dont l’IHEDN est l’héritier.

Aujourd’hui, l’« IH », comme disent les initiés, ne veut pas être enfermé dans l’image d’une structure permettant à des civils de visiter de belles bases militaires. « Les problématiques de défense englobent des domaines très larges, explique son directeur, l’amiral François Dupont, et l’institut a pour ambition de mettre en relation, en réseaux, des gens qui regardent en face les grands problèmes actuels, que ceux-ci soient de nature géopolitique, économique, culturelle, religieuse... »

Diversité et ouverture

Cette diversité se lit dans les thèmes d’études : cette année, un sujet cher à Raoul Castex, « mers et océans » ; l’an prochain, les problèmes énergétiques. Elle s’affiche aussi dans la composition des promotions. La session nationale, forte de 95 auditeurs, est composée pour un tiers de militaires, et pour deux tiers de cadres du secteur privé et de membres de la fonction publique. Aux côtés des futurs généraux de nos armées, l’on retrouve des préfets ou des journalistes, des pilotes de ligne ou des syndicalistes.

L’ouverture, depuis dix ans, passe aussi par l’intelligence économique. Une pente logique puisque l’IHEDN est sous tutelle de Matignon et du SGDN (Secrétariat général de la Défense nationale), de qui dépend aussi Alain Juillet, haut responsable chargé de l’Intelligence économique. Dix ans après la fin du service national, l’IHEDN entend aussi entretenir le lien entre la jeunesse et le monde de la Défense. Il organise des séminaires destinés à des jeunes de 20 à 30 ans. D’autres sessions, plus spécialisées, rassemblent des « relais de banlieues », jeunes élus ou responsables économiques de ces zones à risques. Un vecteur pour faire passer des messages sur les questions de sécurité, mais aussi d’appartenance nationale.

Devant les auditeurs de l’IHEDN, vendredi, Dominique de Villepin avait l’Irak et Guantanamo à l’esprit. Le premier ministre a réaffirmé que « l’intervention militaire doit s’inscrire dans une vision de l’ordre international. Sans principes, il n’y a pas de force juste, sans règle, il n’y a pas de force légitime ». Et sans finances, il n’y a pas de force crédible.

En visite au camp de Mourmelon, la veille, le premier ministre avait réaffirmé que la loi de programmation militaire serait « intégralement respectée » dans le cadre du budget 2007. Après, en revanche, s’ouvre pour les états-majors un vaste champ d’incertitudes.


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