dimanche 10 décembre 2017

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Deux Français accusés d’espionnage, Paris dément

Le Figaro, avec AP et AFP

mardi 20 juin 2006, sélectionné par Spyworld

Deux Français accusés d’espionnage, Paris dément

Espionnage et activités subversives : telles sont les accusations portées mardi par le Turkménistan à l’encontre de deux Français travaillant dans cette ancienne république soviétique d’Asie centrale. Selon le ministre de la Sécurité nationale, Henri Tomasini, conseiller culturel à l’ambassade de France, actuellement chargé d’affaires en l’absence de l’ambassadeur et Benjamin Moreau, de la mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), auraient cherché à acquérir du « matériel vidéo de nature diffamatoire et provocante destiné à des services spéciaux étrangers et des centres subversifs ».

Au regard de ces accusations, le président turkmène Saparmourat Niazov, a prôné leur expulsion. « Toutes les actions contre le pays devaient faire l’objet d’une enquête et d’une évaluation sur le plan politique. Ils doivent être expulsés, sinon, si nous prétendons ne rien voir, ils font des choses pires ». Le pouvoir leur reproche d’avoir « remis des appareils vidéos secrets à un ressortissant turkmène afin de lui permettre de filmer secrètement une imitation de rassemblement de personnes mécontentes, des lieux de détention, et des bâtiments appartenant à l’armée et aux organes de sécurité ».

Le Turkménistan, cancre des droits de l’homme

De son côté, le Quai d’Orsay n’a pas tardé à exprimer un vif démenti. « Le matériel transmis était du matériel audiovisuel standard qui ne peut en aucun cas être destiné à un quelconque autre usage », a assuré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères pour qui les accusations « d’activités illégales » sont « totalement infondées ». « Nous facilitons ce genre de coopération technique avec un nombre important de pays dans le monde sans que cela ne pose aucun problème », a-t-il poursuivi, avant de préciser que le ressortissant turkmène montré du doigt était « quelqu’un avec qui l’ambassade avait déjà été en contact, qui avait déjà eu des contacts avec un certain nombre de médias français intéressés par des reportages sur le Turkménistan. C’est dans ce cadre là que ce matériel lui a été remis ». Le Quai d’Orsay n’a toutefois fait aucun commentaire sur le cas de Benjamin Moreau. A Vienne, l’OSCE est restée peu diserte sur le sujet mais a noté que ce dernier « travaillait normalement (mardi) au centre » de l’organisation à Achkhabad, la capitale turkmène.

Indépendant depuis 1991, le Turkménistan est un des régimes les plus fermés au monde, tenu d’une main de fer par son président qualifié « d’autocrate mégalomane aux méthodes staliniennes », par Reporters sans frontières (RSF). Fort de ce constat, le ministère des Affaires étrangères a notamment appelé Achkhabad à honorer ses engagements en matière de liberté de la presse, rappelant que le pays avait ratifié notamment le pacte sur les droits civils et politiques des Nations unies » ainsi que tous les autres textes et traités internationaux en la matière ».


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