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RIM, l’entreprise qui produit le BlackBerry, encore freinée en Europe

Marc Cherki, le Figaro

mercredi 21 juin 2006, sélectionné par Spyworld

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Les craintes d’espionnage et les procès pour utilisations abusives de brevets ont ralenti le développement du BlackBerry en France.

Research in Motion (RIM), l’entreprise canadienne qui produit les BlackBerry, surfe sur le succès de son service vedette, le « push mail ». Il s’agit de courriers électroniques envoyés directement à ses clients qui acceptent de payer un abonnement spécifique compris entre 30 et 40 euros par mois, revendu par l’un des 160 opérateurs ou distributeurs dans le monde.

Cependant, en Europe, et en particulier en France, le développement de RIM est freiné. « Nous n’avons pas le droit d’utiliser de BlackBerry, comme tous les salariés qui travaillent pour des sociétés accréditées par le ministère de la Défense », affirme un responsable d’une entreprise française.

Même credo pour plusieurs grands groupes européens de l’énergie. La raison ? La NSA (National Security Agency), le service américain en charge de la surveillance des communications, a le droit de poser des écoutes sur les serveurs informatiques de BlackBerry au Canada et en Grande-Bretagne, par lesquels transitent les courriels (ou email). Certains messages électroniques risquent d’être écoutés et pourraient être répercutés à des entreprises américaines ou à des partenaires d’un des pays membres du programme d’espionnage américain Echelon, dont la France ne fait pas partie.

Obtenir la certification

Pour RIM, cet obstacle est un leurre. Car « les données sont cryptées par une clé connue du seul émetteur et du destinataire du message », tempère un ingénieur de la société. « Nous travaillons avec le gouvernement français pour obtenir notre certification. Nous venons d’obtenir un accord préliminaire en Grande-Bretagne. Et nous avions débuté notre campagne de certification par les Etats-Unis où la NSA nous avait donné son aval il y a déjà quatre ou cinq ans », affirme Craig Mc Lennan, vice-président de RIM en charge d’Orange. Le groupe canadien tire les deux tiers de son chiffre d’affaires des Etats-Unis et les trois quarts d’Amérique du Nord.

Autre frein : le développement de procès. Début mars, RIM a enterré la hache de guerre avec la société NTP qui l’accusait d’avoir violé huit de ses brevets. Le conflit qui durait depuis quatre ans a été réglé à l’amiable, en échange d’un versement de 612,5 millions de dollars au plaignant. A cause de cette plainte, « des clients potentiels ont hésité à s’équiper de BlackBerry l’an dernier. Ils redoutaient que le service soit interdit », affirme le représentant d’un opérateur français de téléphonie mobile.

Le succès engendre la concurrence

Selon RIM, « cela n’a pas eu d’impact. Nous avons vendu 4 millions de terminaux en un an dans le monde », rétorque Craig Mc Lennan. De fait, sur un an, le service de « push mail » a doublé, à 5 millions d’abonnés.

Face à ce succès, de nombreux rivaux ont noué des accords avec RIM pour intégrer la fonction BlackBerry dans leurs appareils, tels Nokia, Motorola, Samsung, Sony Ericsson, Microsoft et Palm. De plus, des services concurrents sont en train d’émerger.

Les adversaires de RIM mettent en avant la sûreté de leur solution, car les serveurs pour envoyer les courriels sont hébergés chez leurs clients, limitant ainsi les risques d’espionnage industriels. C’est le cas notamment de Microsoft, d’IBM ou du système élaboré par Nokia en association avec la société californienne Visto. Cette dernière vient de porter plainte aux Etats-Unis, le 1er mai, contre RIM qu’elle accuse d’utiliser quatre de ses inventions sans avoir signé d’accord de licence.


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