jeudi 14 décembre 2017

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Le Canada menacé par le terrorisme et l’espionnage

Fabrice De Pierrebourg, le Journal de Montréal

mardi 27 juin 2006, sélectionné par Spyworld

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Le retour au pays d’extrémistes canadiens ayant combattu en Irak ferait peser une grave menace sur le Canada, affirme le SCRS dans son dernier rapport annuel. Mais les espions canadiens s’inquiètent aussi des ravages de l’espionnage sur l’économie.

Sans surprise, c’est le terrorisme qui se taille la part du lion dans ce document déjà périmé car couvrant la période d’avril 2004 à mars 2005.

Le ton est sobre et, contrairement aux années passées, les espions sont plutôt avares en statistiques et détails croustillants.

« En 2004-2005, le Service s’est avant tout efforcé d’empêcher qu’un attentat ne soit commis ou préparé au Canada », lit-on.

Une des préoccupations du SCRS est la présence connue au pays « d’individus qui ont séjourné dans des camps d’entraînement terroriste et des vétérans de conflits en Afghanistan, Bosnie, Tchétchénie... ».

Retour inquiétant

Mais c’est le retour possible de Canadiens ayant « combattu auprès des insurgés en Irak » qui suscite l’inquiétude. « Ils pourraient rentrer [...] avec de nouvelles compétences et motivations », lit-on.

Combien sont-ils ? Ont-ils été déjà ciblés ? Certains sont-ils déjà là ? Impossible de le savoir. Un représentant du SCRS a refusé de répondre au Journal à ce sujet.

Michel Juneau-Katsuya, un ex-agent du SCRS aujourd’hui président de la firme de sécurité Northgate Group, est plus bavard : « Le Canada est utilisé par plusieurs groupes comme base de recrutement. Avant, les gars allaient se battre en Bosnie et ça en restait là. Ceux qui sont en Irak peuvent rentrer ici et vouloir y poursuivre leur jihad contre l’Occident. La dimension est tout autre ».

Des espions partout

Bien que moins spectaculaire, l’espionnage ne doit pas non plus être pris à la légère. Le SCRS affirme que « malgré les avertissements fermes du gouvernement du Canada », des services étrangers, y compris des « soi-disant amis », « tentent toujours d’infiltrer des ministères canadiens clés », de piller nos secrets économiques et technologiques.

Michel Juneau-Katsuya parle d’au moins 24 pays, amis compris. Sont visés : la Chine (un millier d’espions chinois seraient actifs ici), Israël, la France...

« En 1996, nous avions démontré que le Canada perdait au minimum 10 à 12 milliards par an en propriété intellectuelle et parts de marché », précise-t-il. « Si le terrorisme ne tuait pas, la plus grande priorité du SCRS devrait être l’espionnage économique », conclut Michel Juneau-Katsuya.

Environ 350 individus seraient suivis de près par les services secrets canadiens.


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