vendredi 22 août 2014

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Localisation : les mobiles en appellent aux satellites

01net

mercredi 23 février 2005, sélectionné par Spyworld

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Les téléphones mobiles, avec l"arrivée de la 3G, deviennent des appareils à tout faire : lecteurs MP3, appareils photos, écran de télévision. A cette liste de fonctions devrait s"ajouter aussi dans les mois à venir celle d"assistant de navigation par GPS. Avec les mobiles de nouvelle génération, les utilisateurs pourront trouver leur chemin avec précision, repérer le poste d"essence le plus proche, etc. Ces services, déjà partiellement disponibles sur les réseaux GSM et GPRS, vont considérablement gagner en efficacité et en précision avec la 3G et l"AGPS (Assisted GPS).

C"est ce qu"ont pu constater les visiteurs du récent congrès 3GSM World Congress de Cannes, en passant sur le stand d"Alcatel. Le constructeur français y effectuait des démonstrations de l"AGPS. Ce standard est en cours de normalisation sous le nom d"OMA SUPL par l"Open Mobile Alliance, et devrait être finalisé dans les mois qui viennent. Equipements et téléphones de différents constructeurs seront donc interopérables. Ericsson et Lucent, par exemple, proposeront aussi des systèmes AGPS.

L"idée est simple : intégrer une puce AGPS au sein d"un téléphone GPRS ou UMTS - fini donc les récepteurs GPS externes, avec ou sans fil - et mixer deux techniques complémentaires de localisation, celle des réseaux mobiles (Cell ID, EOTD...) et le GPS américain (qui repose sur les signaux émis par un ensemble de satellites).

« On mêle le meilleur des deux mondes. Le réseau mobile identifie la zone dans laquelle se trouve le téléphone et le renseigne sur les satellites GPS à rechercher », explique Philippe Agard, directeur des partenariats mobiles d"Alcatel. Comme les serveurs connaissent en temps réel le positionnement des satellites GPS, le téléphone n"a pas à scanner toutes les fréquences. Avantage : une session GPS est initiée en 10 à 30 secondes et non plus en quelques minutes, un des défauts du GPS. « On gagne du temps et on économise de la batterie », souligne Philippe Agard.

A l"intérieur des bâtiments

L"AGPS présente une autre avancée, celle de maintenir la localisation de l"appareil, même là où le signal des satellites GPS ne passe plus : à l"intérieur d"un bâtiment, dans un parking, sous un tunnel... sous réserve de couverture du réseau mobile bien entendu. Les serveurs AGPS de l"opérateur mobile prennent alors le relais et maintiennent le flux d"information. Selon Alcatel, l"AGPS rendra aussi la localisation du terminal plus efficace, le constructeur promettant une précision de 5 à 20 mètres selon les conditions, et ce en s"appuyant sur les stations terrestres européennes Egnos.

L"AGPS devrait séduire aussi bien les particuliers - une fois que la 3G aura réellement pris son envol - que les entreprises. Jusqu"à présent, les services de géolocalisation se sont peu répandus, soit du fait de technologies peu adaptées (les réseaux mobiles), soit du fait des coûts (achats de terminaux dédiés ou de PDA intégrant une puce GPS). « L"AGPS va bien plus loin que ce qui est disponible aujourd"hui pour les réseaux mobiles, estime Philippe Agard. Il va permettre l"explosion des services mobiles de localisation. »

C"est ce que pense aussi Ludovic Broquereau, vice-président marketing de Maporama, fournisseur de services de localisation, qui effectuait une démonstration sur le stand d"Alcatel à Cannes. « Les technologies précédentes, comme Cell-ID, posent nombre de problèmes, en cas de saturation du réseau par exemple. L"AGPS est plus précis, plus constant. Et l"avantage, c"est qu"il n"y a pas besoin d"accessoire supplémentaire sur le mobile. L"intégration de la puce va faire baisser les coûts d"équipement et donc favoriser l"essor de la navigation pour le grand public. »

La balle dans le camp des opérateurs mobiles

A ce jour, équipementiers et fournisseurs de services peaufinent les services autour de l"AGPS, qu"ils proposeront ensuite aux opérateurs mobiles : localisation de flottes, points d"intérêt grand public (distributeurs de billets, bureaux de poste, etc.), aide aux services médicaux, aide à la navigation, etc. « Nous sommes prêts techniquement. Désormais, tout dépend du calendrier des opérateurs mobiles », indique Ludovic Broquereau. En France, Orange serait le plus intéressé par le dossier. Alcatel précise mener actuellement 5 à 6 tests en Europe avec des opérateurs.

La conversion de ces derniers dépendra également du nombre de terminaux disponibles. En la matière, Motorola est le plus en pointe pour avoir déjà intégré des puces AGPS dans plusieurs de ses terminaux 3G, le A1000 par exemple. Nokia y travaille. « On pourrait imaginer prochainement le lancement de packs 3G-AGPS spéciaux », considère Ludovic Broquereau.


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