lundi 16 octobre 2017

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Swift : la Sûreté de l’Etat en balade

M.Bu., Lalibre.be

jeudi 29 juin 2006, sélectionné par Spyworld

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Le service de renseignement prétend tout ignorer des transferts d’informations financières vers les Etats-Unis. Le Comité R chargé de faire la lumière dans les 15 jours.

L’ardoise s’alourdit. Il y eut l’affaire de la presse nucléaire vendue à l’Iran. Vint ensuite celle des vols de la CIA en Belgique. Là, déboule l’imbroglio de la transmission d’informations par Swift, une société de droit belge, aux autorités américaines. Et la Sûreté de l’Etat, une fois n’est pas coutume, est aux abonnés absents. Elle l’a confirmé mercredi dans un rapport transmis au Premier ministre et à ses vice-Premiers. « Nous sommes un service de renseignement défensif, et non pas offensif, se justifie la Sûreté de l’Etat dans sa note. Nous n’avons donc pas vocation à mener des actions en dehors du territoire belge ».

En résumé, les limiers belges expliquent ne pas être au courant du « deal » conclu entre Swift, une firme qui garantit à ses clients, contre paiement, la distribution de messages et l’administration américaine. Ce programme d’espionnage bancaire est destiné à traquer les mouvements financiers de terroristes. « On va vérifier les affirmations de la Sûreté dans les quinze jours », commente la sénatrice Christine Defraigne (MR), membre du Comité R. « Souvent, ajoute-t-elle, c’est la règle du donnant donnant qui régit les rapports entre services de renseignement alliés et on ne sait pas qui sait quoi ».

« On est étonné »

« Il s’agit d’examiner si, dans ce transfert d’informations, les intérêts de Belges n’ont pas été lésés ou si la loi belge n’a pas été transgressée », relève le ministre belge des Finances Didier Reynders (MR). Son homologue américain, John Snow, lui a répété lundi que les opérations de « pompage » d’informations à partir de la filiale new-yorkaise de Swift étaient en règle avec la législation américaine. Quant aux assurances que ces données sont strictement cantonnées à la lutte contre le terrorisme... « Nous n’en avons aucune. Quelle est la frontière avec l’espionnage industriel ? », demande Christine Defraigne. « On est étonné de cette démarche américaine, reprend Didier Reynders. D’accord pour lutter contre le terrorisme mais il faut le faire dans la concertation ».

La Banque nationale de Belgique a, elle aussi, rendu sa copie mercredi, et confirme être au courant du programme d’espionnage américain depuis 2002. Elle invoque « le secret professionnel » pour justifier la non communication des informations au Grand argentier Reynders. Qui prend la chose avec philosophie : « Je n’ai pas grand-chose à reprocher à la Banque nationale, elle est indépendante à ce niveau-là ».

Aux Etats-Unis, le « New York Times », cible des attaques des républicains pour avoir révélé l’existence du programme d’espionnage, a répondu vigoureusement à ses détracteurs dans un éditorial intitulé « Le patriotisme et la presse ». Le quotidien y dénonce notamment « la tendance alarmante » de l’administration Bush à gouverner sans contrôle et contre-pouvoir.


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