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Ariane : le séisme ne remet pas en cause le lancement du satellite militaire

Elisabeth Studer, Leblogfinance.com

jeudi 29 juin 2006, sélectionné par Spyworld

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Si certains avaient pu craindre que le séisme d’une magnitude de 5,2 survenu récemment en Guyane ne remette en cause le prochain tir d’Ariane - oh combien stratégique - il n’en est rien.

En effet, le satellite militaire français de télécommunications Syracuse 3B sera lancé le 11 août par la fusée Ariane 5 depuis Kourou en Guyane, a annoncé mercredi Caroline Laurent, directrice du programme à la Direction générale de l’Armement (DGA).

La France s’est engagée, dans un accord commun avec l’Italie et le Royaume-Uni, à fournir des moyens de transmission des informations militaires au début 2006.

I - Lancement du satellite militaire français Syracuse 3B le 11 août

"Le lancement de Syracuse 3B est prévu pour le 11 août par une fusée Ariane 5 ECA avec pour co-passager un satellite de communications japonais" a déclaré Mme Laurent, en marge d’une visite de la base militaire de Favières en Eure-et-Loir.

Les satellites Syracuse 3 sont les premiers satellites de télécommunications entièrement dédiés à l’armée française. Les satellites des programmes Syracuse 1 et 2 développés depuis le milieu des années 80 étaient partagés avec France Télécom. Un satellite Syracuse 2 sera encore en activité jusqu’en 2010 pour seconder les Syracuse 3. Le premier satellite de ce nouveau programme, le 3A, avait été lancé en octobre 2005 depuis Kourou, en Guyane. Le 3B est un frère jumeau du 3A, d’un poids légèrement plus elevé, à savoir 3.700 kilos au décollage contre 2.300 kilos.

D’un coût de 2,3 milliards d’euros, le programme Syracuse 3 est sous la maîtrise d’oeuvre de la DGA, associée à Alcatel Alenia Space, pour le développement du satellite et à Thales pour le développement des stations de réception. Un 3ème satellite devrait être lancé en 2010 dans le cadre de ce programme. Il pourrait être développé en collaboration avec l’Italie.

II - Fonctionnalités offertes par Syracuse

Le satellite de télécommunications militaires Syracuse 3A est lancé pour le compte du Ministère de la Défense. Son objectif est de véhiculer à très longue distance des débits élevés à partir de terminaux de plus en plus compacts.

Le programme Syracuse 3 s’inscrit ainsi dans la continuité des services de télécommunications par satellites au profit des forces armées. Le but est de pouvoir communiquer de n’importe quel point du globe. Le débit de transmission des informations (ordres, images, films...) a été multiplié par dix par rapport aux satellites actuellement en fonctionnement tout en offrant une grande flexibilité, l’interconnexion de réseaux, des services multimédia et une protection accrue des communications face au brouillage (dans le domaine des très hautes fréquences ou SHF) pour éviter tout piratage.

Mais, élément majeur, l’armée n’est plus dépendante ainsi des satellites de télécommunication civils. Les militaires utilisent en effet pour leur programme Syracuse 2une partie des capacités de certains satellites de France Télécom. Son objectif est également de véhiculer à très longue distance des débits élevés à partir de terminaux de plus en plus compacts.

L’Otan, la Belgique et l’Allemagne peuvent utiliser les capacités des satellites Syracuse 3. Voix, données et images envoyés par ces satellites peuvent être réceptionnés par des stations installées sur des blindés ou des navires et des stations portables transportables à dos d’homme. A partir de la fin 2006 et jusqu’en 2014, la France recevra environ 600 de ces stations. La France utilise pour l’instant les mêmes stations de réception que pour Syracuse 2. Le porte-avions Charles de Gaulle sera équipé de la sienne en 2008.

Les données peuvent également être transmises vers les deux grandes bases de réception en France que sont Favières et Bram (Aude), et acheminées ensuite vers tous les points de commandement du territoire. Placés en orbite géostationnaire, les satellites Syracuse 3A et 3B permettent de couvrir une zone allant de la pointe est des Etats-Unis jusqu’à l’est de la Chine. Parmi les zones d’opération actuelles de l’armée française, seul l’océan Pacifique n’est pas couvert.

- Le CNES, très impliqué dans les systèmes spatiaux de Sécurité et Défense, apporte son expertise dans le domaine spatial et fournit l’assistance à la maîtrise d’ouvrage. Une coopération étroite entre l’Ema, la DGA et le CNES est à la base de la réalisation de la politique spatiale militaire.

Syracuse 3A devrait fonctionner au minimum 12 ans et sera suivi en 2006 par son jumeau, Syracuse 3B. La France disposera ainsi d’un système complet de télécommunications spatiales militaires de nouvelle génération.

III - Enjeux du programme Syracuse

Une fois dans l’espace, Syracuse 3A viendra rejoindre les autres satellites de la flotte militaire française déjà en orbite : les satellites Hélios spécialisés dans l’observation et les micro-satellites du programme électronique d’écoute Essaim, destiné à étudier la possibilité dans le futur d’intercepter des communications militaires - ce que font déjà les États-Unis. Les deux satellites Syracuse 3 constitueront ainsi le relais à la transmission de toutes ces informations.

Le lancement de Syracuse est crucial pour l’armée française. Si un report à moyen terme du tir d’Ariane 5 avait eu lieu en octobre 2005, il aurait mis la France en difficulté. Pour ses propres troupes d’une part : les bateaux postés dans l’océan Indien ne pouvaient alors compter que sur un satellite britannique pour communiquer avec la métropole. Mais aussi pour les troupes de l’Otan.

La France s’est en effet engagée, dans un accord commun avec l’Italie et le Royaume-Uni, à fournir des moyens de transmission des informations militaires au début 2006. En cas de retard, c’est la défense à l’échelle européenne qui aurait été affectée.

Pour rappel, le site de la SNPE, mitoyen à celui d’AZF à Toulouse a contribué à la fabrication du propergol, carburant d’Ariane.


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