mardi 12 décembre 2017

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Passeports biométriques : l’Union européenne progresse

La Tribune

vendredi 30 juin 2006, sélectionné par Spyworld

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À partir du 26 août, les passeports de l’UE devraient être dotés d’une puce contenant la photo du détenteur.

L’Union européenne (UE) avance dans la généralisation des passeports biométriques. Hier, la Commission a adopté les spécifications techniques qui s’imposeront aux Vingt-Cinq pour la numérisation des empreintes digitales des détenteurs de passeports. Cette décision enclenche le compte à rebours : d’ici trois ans, précisément le 28 juin 2009 au plus tard, les Vingt-Cinq devront émettre des passeports qui contiennent deux empreintes digitales... digitalisées.

Déjà, à partir du 26 août prochain, les États membres ne devraient théoriquement plus émettre que des passeports dotés d’une puce. Cette dernière contiendra une photographie faciale du détenteur - en attendant ses empreintes digitales. Il est peu probable que les Vingt-Cinq parviennent tous à tenir l’échéance. Mais les experts estiment que le basculement au passeport biométrique devrait pouvoir intervenir au cours du second semestre pour l’ensemble des États membres. L’Allemagne a été l’un des premiers pays à sauter le pas, en novembre dernier.

Aujourd’hui, 1,5 million de passeports biométriques ont été émis - soit 50.000 par semaine en moyenne. Et les empreintes digitales seront incluses dès l’an prochain. Le Royaume-Uni a mis en circulation ses premiers documents biométriques en mars.

Débat tendu. En France, l’émission de la nouvelle génération de passeports a commencé à la mi-avril - dans le très symbolique département des Hauts-de-Seine... Théoriquement, l’ensemble du pays est aujourd’hui couvert. Ce lancement clôt un débat tendu dans l’Hexagone. Les syndicats de l’Imprimerie nationale (IN) ont en effet contesté, avec succès, l’attribution de la fabrication des nouveaux documents à la société Oberthur. Les représentants des salariés de l’IN ont rappelé que la société publique est " seule autorisée à réaliser les documents [...] dont l’exécution doit s’accompagner de mesures particulières de sécurité, et notamment les titres d’identité, passeports, visas ", selon les termes de la loi de 1993.

Le commissaire en charge du portefeuille Justice, Liberté, Sécurité, Franco Frattini, s’est félicité de voir l’UE franchir, grâce aux passeports biométriques, " une étape cruciale pour rendre les passeports de ses citoyens plus sûrs et plus fiables ". Mais la volonté de confectionner ces nouveaux documents, relancée depuis les attentats de Londres, trouve également ses sources hors de l’UE. Les autorités américaines exigent en effet la présentation d’une pièce de nouvelle génération, pour permettre à certains pays, dont la France, de continuer à bénéficier d’exemption de visas.

Le prix des passeports électroniques augmente sensiblement par rapport à leurs prédécesseurs : en Allemagne le coût passe de 26 euros à 59 euros pièce - sans compter les investissements nécessaires pour que les douanes puissent lire ces documents. Les données mémorisées sur la puce des passeports ne sont pas destinées à être stockées dans des fichiers de police, mais simplement lues par les autorités habilitées.


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