dimanche 17 décembre 2017

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Espionnage bancaire : préposé à la protection des données interpellé

Le Temps.ch

vendredi 30 juin 2006, sélectionné par Spyworld

L’ONG britannique Privacy International (PI) exige du préposé suisse à la protection des données qu’il fasse cesser l’espionnage par la CIA des transactions financières transitant par la société SWIFT. Une requête de ce type a été envoyé à 33 pays.

L’ONG a pris contact avec les instances de protection des données de ces Etats, selon une lettre diffusée sur son site internet. PI déplore la transmission à l’Agence américaine du renseignement (CIA) d’informations sur les opérations effectuées par SWIFT, une entreprise basée en Belgique qui joue un rôle d’intermédiaire pour la plupart des transactions financières mondiales.

Kosmas Tsiraktsopoulos, le porte-parole du préposé fédéral à la protection des données Hanspeter Thür, a indiqué jeudi qu’il n’avait pas encore reçu la lettre de l’ONG.

La transmission aux Américains de ces données est totalement "illégale", écrit le directeur de PI, Simon Davis, dans sa missive aux autorités nationales de protections des données. PI relève que SWIFT dispose de plusieurs filiales, notamment à Zurich. L’ONG soupçonne que la CIA a aussi pu avoir accès aux informations de ces filiales.

SWIFT ne gère pas les transferts proprement dit, mais les informations sur ces transferts, pour le compte de 8000 organismes financiers, dont les principaux établissements suisses. A la suite des attentats du 11 septembre 2001, Washington a exigé de pouvoir examiner ces données.

PI redoute que les données dont la CIA a pu prendre connaissance ne servent pas seulement à lutter contre le terrorisme comme le prétend Washington, mais puissent également être utilisées dans le domaine de la fiscalité ou de l’espionnage.

Le porte-parole du préposé fédéral à la protection des données a indiqué que M. Thür était "très préoccupé" par cette affaire. Il a pris contact avec toutes les instances concernées, en Suisse et à l’étranger.

Le chef du Département fédéral des finances (DFF) Hans-Rudolf Merz a informé mercredi ses collègues. Les sept Sages ont décidé qu’il n’y avait pas matière à réagir. Une porte-parole de M. Merz a indiqué que la transmission de données de la SWIFT à la CIA n’avait pas occasionné de violation du secret bancaire.

La Commission de gestion du Conseil national ne l’entend pas de cette oreille. Elle a décidé de demander des explications au Conseil fédéral et attend une réponse d’ici sa séance du mois d’août.


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