samedi 21 octobre 2017

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La DST et la DGSE auraient interrogé les six Français de Guantanamo

Le Figaro avec AP et AFP

mercredi 5 juillet 2006, sélectionné par Spyworld

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Selon un document classé « confidentiel diplomatie » publié par le journal Libération, les prisonniers français, dont le procès a débuté lundi, ont rencontré des hommes des renseignements et du contre-espionnage français à Guantanamo. Paris confirme que ces visites consulaires ont bien eu lieu.

En « une » du journal Libération, mercredi : le fac-similé d’un document classé « confidentiel diplomatie ». La « preuve », selon le quotidien qui ne précise pas comment il s’est procuré le document, que les hommes des renseignements et du contre-espionnage français -DST et DGSE- ont bien interrogé les détenus français de Guantanamo, alors que leurs comptes-rendus n’ont pas été versés au dossier du procès ouvert lundi.

Selon le télex publié, « envoyé de Washington le 1er avril 2002 au ministère des Affaires étrangères de Paris », « les six prisonniers français » retenus par les Américains ont été interrogés à deux reprises, en janvier et en mars 2002.

La mission française aurait été « accueillie très cordialement » et aurait « bénéficié d’un bon soutien logistique » de la part des autorités militaires du camp. Les officiers y auraient rencontré les Français aujourd’hui jugés pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Paris assure avoir agi de manière « normale »

Le ministère des Affaires étrangères a implicitement reconnu l’authenticité du document, mercredi, en se référant à « un télégramme diplomatique, classé confidentiel, qui a fait l’objet d’une fuite dans la presse ». « Tout citoyen français en difficulté à l’étranger, en particulier lorsqu’il est incarcéré, est en droit de recevoir une visite et une assistance consulaire », a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, Jean-Baptiste Mattéi. Et d’ajouter : « Dans le cadre de ces visites, il est normal de procéder à la vérification de l’identité des intéressés et de recueillir les informations utiles ».

« La DST a exploité des renseignements de manière illégale »

Depuis longtemps, les prévenus et leurs avocats dénoncent ces interrogatoires. Mais, faute de preuve, leurs affirmations n’avaient jusque là jamais été confirmées.

Selon Me William Bourdon, avocat de deux des prévenus cité par Libération, « la DST a exploité des renseignements de manière illégale recueillis auprès de personnes retenues dans des conditions inhumaines, arbitraires et contraires au droit international ».

En mars dernier, la cour d’appel de Paris avait rejeté une requête des avocats de quatre anciens détenus français de Guantanamo qui demandaient le versement au dossier des procès verbaux d’auditions réalisées, selon eux, sur place par la Direction de la surveillance du territoire (DST).


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