dimanche 10 décembre 2017

Accueil du site > Défense > International > Missiles nord-coréens : le Conseil de sécurité de l’Onu est (...)

Missiles nord-coréens : le Conseil de sécurité de l’Onu est réuni

Le Figaro avec AFP

mercredi 5 juillet 2006, sélectionné par Spyworld

logo

Après les tirs d’essai effectués mardi soir, une pluie de condamnations s’est abattue sur le régime de Kim Jong-il. A la demande du Japon, soutenu par les Etats-Unis, les Quinze se sont réunis, mercredi, afin d’envisager une réponse commune. La Chine et la Russie ne seraient pas favorables à une résolution.

Pyongyang défie le monde avec ses missiles. A la demande des autorités japonaises, une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité de l’Onu s’est tenue à New York, afin d’envisager une réponse aux tirs de missiles déclenchés par la Corée du Nord. Pour l’heure, le Conseil de sécurité a suspendu ses consultations et devrait réunir dès l’après-midi ses experts pour des tractations autour d’une résolution condamnant l’action de Pyongyang.

Selon l’ambassadeur français Jean-Marc de la Sablière, qui préside actuellement le Conseil, la Chine et la Russie préfèreraient une déclaration présidentielle, texte moins contraignant qu’une résolution. « Au sein du Conseil, 13 délégations sont en faveur d’une résolution et deux délégations ont estimé qu’une déclaration présidentielle serait plus appropriée », a-t-il indiqué, mentionnant « la Russie et la Chine ». Le Japon, auteur du projet de résolution qui devrait être incessamment présenté aux Quinze, a appelé le Conseil à une action rapide.

Le Japon a également été le premier à ouvrir le bal des critiques et a pris des premières mesures de rétorsion contre le régime communiste de Pyongyang. Avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, la contrée nippone a rédigé un premier projet de résolution instaurant un blocus sur tous les fonds, les biens et les technologies pouvant être utilisés dans le cadre du programme de missile de Pyongyang.

Dans un communiqué publié mercredi soir à Tokyo, le ministre japonais des Affaires étrangères, Taro Aso, a souhaité que le Conseil de sécurité et la communauté internationale adressent un « message ferme » à Pyongyang. Le premier ministre Junichiro Koizumi a quant à lui souligné le « besoin de maintenir un espace pour le dialogue ». La police nippone et les forces armées ont été placées en état d’alerte. Tokyo a immédiatement proscrit pour six mois l’accès à ses ports à un ferry nord-coréen, principal lien commercial officiel entre les deux pays, et interdit son territoire aux diplomates nord-coréens.

« Provocation »

Un seul mot émaillait les condamnations à travers le monde, mercredi : « provocation ». Les Etats-Unis se sont montrés sévères à l’encontre du régime ennemi. Mais ils ont exclu des discussions directes. « Ce n’est pas une affaire américano-nord-coréenne et nous n’allons pas permettre au dirigeant nord-coréen d’en arriver là », a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche. Le conseiller pour la sécurité nationale du président George W. Bush a quant à lui qualifié l’initiative nord-coréenne de « comportement provocant ».

L’Otan estime que ces tirs sont des « actes de provocation qui méritent une réponse ferme de la communauté internationale ». « Nous regrettons et condamnons ces tirs », a indiqué l’Alliance atlantique, soulignant que le développement par la Corée du Nord de missiles balistiques causait « une menace grave à la région et à la communauté internationale en générale ». « Cette action va isoler encore plus la Corée du Nord de la communauté internationale et nuire aux intérêts de son peuple », a-t-elle ajouté.

« D’autres tirs de missiles, demain ou dans deux jours »

Le ministre australien des Affaires étrangères, Alexander Downer, a déclaré disposer d’informations selon lesquelles la Corée du Nord pourrait ne pas en rester là. « Nous pensons qu’ils prévoient vraiment de procéder à d’autres tirs de missiles, demain ou dans deux jours », a déclaré le ministre. « Nous avons des informations qu’il pourrait y avoir (de nouveaux tirs), non pas qu’ils vont le faire, mais qu’il pourrait y en avoir », a-t-il ajouté, précisant que l’ambassadeur nord-coréen avait été convoqué en signe de protestation. Quelques heures après cette mise en garde, le Japon a annoncé qu’un septième missile avait été tiré mercredi après-midi.

La Corée du Sud a quant à elle relevé le niveau d’alerte de ses troupes, tout en dénonçant cet affront. « La Corée du Nord doit mettre un terme à son activité provocatrice, revenir immédiatement aux pourparlers à six nations et rejoindre les efforts internationaux en vue de la non-prolifération nucléaire », a déclaré le conseiller pour la sécurité du président sud-coréen. Des responsables ont par ailleurs prévenu que ces tirs pourraient remettre en cause l’importante aide alimentaire offerte par le Sud au Nord, qui souffre d’une pénurie chronique. Une menace déjà fréquemment brandie dans le cadre des querelles nucléaires avec son voisin communiste.

Côté européen, la France, qui préside le Conseil de sécurité pour le mois de juillet, a accusé le régime de Pyongyang d’être un « acteur majeur de la prolifération des missiles dans le monde », indique le ministère des Affaires étrangères qui « appelle instamment la Corée du Nord à respecter strictement le moratoire qu’elle avait déclaré en 1999 ».

Pékin reste sur la réserve

Même réprobation du côté de Moscou. « Les tirs de missiles contredisent les efforts pour établir la confiance dans la région », a déclaré le porte-parole du ministère. « Ce genre de provocation complique la situation créée par le programme nucléaire (nord-coréen) », a-t-il ajouté.

Pour Londres, « ces tirs d’essai sont une provocation qui ne sert qu’à accroître les tensions dans la région. Nous demandons de manière urgente au gouvernement nord-coréen de respecter son engagement à un moratoire sur les tests de missiles », a déclaré la ministre des Affaires étrangères Margaret Beckett, dans un communiqué.

Seul Pékin, principal allié de la Corée Nord, a appelé toutes les parties à « demeurer calmes et faire preuve de retenue ». « Nous espérons que toutes les parties vont garder leur sang-froid et prendre des mesures en faveur de la paix et de la stabilité dans la péninsule coréenne et en Asie du Nord-Est, et qu’elles ne feront rien d’autre qui puisse ajouter aux tensions et compliquer davantage la situation. » Selon toute vraisemblance, l’Empire du Milieu ne devrait pas mettre en œuvre des mesures de rétorsion trop fortes, de crainte que le régime stalinien de son voisin ne périclite.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :