jeudi 14 décembre 2017

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Stéphane Freiss au coeur des services secrets

Isabelle Nataf, le Figaro

mercredi 5 juillet 2006, sélectionné par Spyworld

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Patrick Grandperret tourne pour Canal + une série avec Stéphane Freiss et Artus de Penguern, sur l’univers des services secrets.

LE CONTRASTE est saisissant. À l’intérieur d’un immeuble parisien, rue de Paradis dans le Xe arrondissement, une large cage d’escalier défraîchie aux marches en bois qui craquent sous les pas, puis au deuxième étage, sur le palier, une curieuse porte en métal comme celle d’un ascenseur avec, à sa droite, un digicode. Elle s’ouvre sans bruit, et on est alors propulsé dans un monde de haute technologie fait de verre, de métal, de Plexiglass, d’écrans et d’ordinateurs.

Bienvenue dans l’antre de la cellule de crise de la sécurité intérieure mise en place par l’Élysée, sorte de DST pour ne pas la nommer, imaginée par Marie Montarnal, Olivier Gorce et Gérard Carré. Trois scénaristes au service d’une nouvelle série de 8 x 52 minutes réalisée par Patrick Grandperret et produite par Jérôme Minet et Nora Melhli pour Canal +. Une plongée dans l’univers du renseignement, thème très peu abordé dans les séries françaises, comme le souligne Fabrice de La Patellière, directeur de la fiction de Canal+ qui poursuit dans sa politique éditoriale d’innovation. « On n’était pas assez de trois pour brasser cette masse de travail ! En tout cas, c’était jubilatoire à écrire », souligne Olivier Gorce qui, fait rare sur les plateaux, est totalement associé au tournage avec ses deux comparses.

Valider les procédures

Ce n’est donc pas tout à fait un hasard si les bureaux de la cellule ont des airs de 24 Heures avec le bureau de son directeur, Paul Arrighi (Artus de Penguern) en haut d’un escalier qui donne directement dans la salle principale. « Nous avons voulu décortiquer les liens entre les agents au service de l’État et le pouvoir, le secret et, surtout, les manipulations », explique Olivier Gorce. « Le tout dans un souci de réalisme, nous avons d’ailleurs beaucoup lu de livres politiques sur ce sujet, mais toujours tourné sur la fiction. Même si on s’est aperçu que la réalité nous rattrapait sur certains faits ! » Un officier à la retraite de la DST a relu les scénarios pour valider les procédures.

Dans cet univers hypermoderne il ne manque qu’une chose : la climatisation. Dehors, la température frôle les 30 °C et à l’intérieur ils sont largement dépassés. Entre les prises, la maquilleuse se rue sur les acteurs pour leur tamponner le visage. « Il y a un moment, où c’est comme pour le pare-brise, on laisse tomber. On a beau mettre les essuie-glaces, il pleut trop, on n’y voit plus rien... » dit Stéphane Freiss, fataliste, chef de la cellule de crise dont le seul but est d’assurer la sécurité de l’État quelles que soient les méthodes. Remarque goguenarde du réalisateur, Patrick Grandperret, « ils se plaignent toujours, ce sont des chochottes ! » Et comme ce jour-là, c’était aussi celui d’un match de l’équipe de France, les amateurs de foot espèrent que le plan de travail leur permettra de suivre l’affrontement. Chaude journée...

Pour mieux s’imprégner de son rôle, chaque acteur s’est inventé un passé ou s’est inspiré de quelqu’un. « J’ai pensé à un grand patron de l’audiovisuel qui a les mêmes rapports que mon personnage avec son associé », explique Artus de Penguern. Sachant que Paul Arrighi n’a aucun état d’âme quand il s’agit de transgresser la loi, l’acteur n’en dira pas plus...

Isabelle Caubère (Agnès, chargée des finances) et Olivier Loustau (Pablo, spécialiste des écoutes) ont, eux, choisi des personnages de 24 Heures, Nina, la taupe infiltrée de la CTU, et Tony Almeida, l’adjoint de Jack Bauer. « J’avais toujours refusé de faire des séries, notamment des trucs de flic que je déteste », explique Stéphane Freiss. « Mais là, j’ai été emballé par le sujet. Il y a une tension qui va bien au-delà du genre, un univers très différent de celui qu’on a l’habitude de voir. » Et puis, comme chacun le souligne, il y a la « patte » Grandperret (son dernier long métrage, Meurtrières, est sorti mercredi dernier). Sa façon de filmer très « cinéma » avec son sens du cadre et du rythme.

La deuxième saison est déjà en écriture. Preuve que la chaîne croit en la force et l’originalité de ce projet. Résultat à l’antenne prévu à la fin de l’année.


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