dimanche 22 octobre 2017

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UNI : Les syndicats réclament des mesures contre l’espionnage high-tech

Samizdat.net

jeudi 6 juillet 2006, sélectionné par Spyworld

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L’UNI, Syndicat mondial, prie instamment l’Union européenne et l’Organisation internationale du Travail d’intensifier les mesures de protection contre la surveillance des travailleurs au moyen de nouvelles technologies susceptibles de porter atteinte à leur vie privée. Les étiquettes d’identification par radiofréquence (RFID) cousues sur les uniformes ou implantées sous la peau des travailleurs, les téléphones mobiles connectés aux satellites GPS et la surveillance continue des appels téléphoniques, de la frappe clavier et des courriers électroniques sont autant de menaces qui pèsent sur la main-d’oeuvre du 21e siècle.

Les mini-ordinateurs fixés au poignet et la possibilité de surveiller les travailleurs aux toilettes et dans les zones de repos portent également atteinte à la dignité des travailleurs. Telle est la mise en garde lancée dans un rapport de l’UNI sur le contrôle et la surveillance électroniques, intitulé « On vous suit ». L’UNI, qui représente plus de 900 syndicats du monde entier, met en garde contre « l’invasion rampante de la collecte de données » et appelle à une interdiction totale de l’implantation de puces électroniques sous-cutanées (RFID) et de la surveillance des salariés en dehors des heures de travail. Les syndicats réclament également une réglementation stricte sur la présence des étiquettes RFID sur les uniformes et demande de toute urgence un vaste débat européen.

L’OIT est invitée à procéder de toute urgence à une mise à jour de ses directives pratiques sur le contrôle et la surveillance au travail, de façon à intégrer les changements rapides survenus dans le milieu de travail et dans les technologies au cours des dix dernières années. Le marqueur RFID est déjà utilisé pour la traçabilité des palettes de marchandises qui transitent autour du monde. En raison de la chute du prix des micropuces électroniques, ce marqueur pourrait bien se retrouver sur les produits que vous avez dans votre réfrigérateur - mais aussi sur les travailleurs. Le contrôle et la surveillance peuvent être contraires au droit fondamental à la vie privée, pourtant inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU et dans la Convention sur les droits de l’homme de l’UE. Selon le rapport du Groupe de travail de l’UE sur la protection des données : « les travailleurs n’abandonnent pas leur droit à la vie privée et à la protection des données chaque matin lorsqu’ils franchissent le seuil de leur lieu de travail ».

« Nous réclamons le respect et la dignité au travail » déclare Philip Jennings, Secrétaire général de l’UNI. « Ce n’est pas parce que la technologie permet aux employeurs d’espionner les travailleurs à chaque minute du jour et de la nuit que l’on doit les laisser faire ». « En reliant à l’ordinateur les caméras de vidéosurveillance, les systèmes de positionnement GPS et les pratiques d’espionnage du téléphone et du courrier électronique, on aboutit au cauchemar du 21e siècle - un lieu de travail dominée par le stress et un personnel déshumanisé. L’économie de la connaissance exige de la créativité et l’épanouissement du potentiel humain - et non pas la création d’un climat de peur qui étouffe la pensée et l’action ».

L’UNI s’attache à élaborer un Code de pratique pour aider les syndicats à surmonter le problème causé par la RFID et exige des droits en ligne clairement définis pour les travailleurs en ligne, y compris la protection du courrier privé et la liberté de communiquer électroniquement avec le syndicat. Partout dans le monde, les syndicats ont déjà entamé le dialogue avec les employeurs en vue de protéger la vie privée des salariés et faire en sorte que la surveillance soit négociée, limitée au strict minimum nécessaire et clairement expliquée. Les syndicats du commerce de détail et des entrepôts d’Europe ont entamé des discussions avec les employeurs au sujet des puces RFID afin de trouver un accord quant à leurs conséquences sur l’emploi et la vie quotidienne des salariés du commerce. Les syndicats opérant dans les centres d’appels exigent des règles plus strictes de surveillance des appels téléphoniques et entendent de manière générale faire en sorte que les mesures visant à contrôler le travail électronique délocalisé ou à améliorer la sécurité ne sont pas utilisées pour harceler et sanctionner les travailleurs.

Le rapport fait état d’une progression considérable du contrôle et de la surveillance électroniques au travail - notamment à l’aide de nouveaux outils numériques hautement sophistiqués. » Ces technologies peuvent être utilisées à bon escient, de manière à faciliter la vie et la rendre plus conviviale tant pour les employeurs que pour les salariés. Mais le plus souvent, elles sont mises en place à des fins beaucoup moins sympathiques. Il arrive que certains employeurs exploitent cette possibilité pour rendre leurs salariés passifs et dociles de façon à les dissuader d’exercer leur droit à la syndicalisation et à la représentation collective. »

- L’UNI est le Syndicat mondial des compétences et des services, comptant 15 millions d’adhérents dans le monde, dans plus de 900 syndicats de 150 pays.

Contacts : Philip Jennings, UNI General Secretary, +41 22 365 2100 philip.jennings@uniglobalunion.org Noel Howell, UNI Press, +41 22 365 2100 press@uniglobalunion.org

Download the full report from : http://www.uniglobalunion.org/surveillance

Source : actus_l


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