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Le parlement européen dénonce les activités de la CIA en Europe

Reuters

jeudi 6 juillet 2006, sélectionné par Spyworld

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Le parlement européen a adopté un rapport intérimaire sur les activités de la CIA en Europe qui dénonce les violations des droits de l’homme perpétrées, selon lui, par les services secrets américains dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme.

"La lutte contre le terrorisme ne pourra être remportée en sacrifiant les principes mêmes que le terrorisme cherche à anéantir", affirme une résolution élaborée par la commission temporaire créée en janvier 2006 pour enquêter sur les révélations de la presse américaine et de plusieurs ONG.

Le rapport invite la commission temporaire à poursuivre ses travaux jusqu’au terme des douze mois qui lui sont impartis, pour rechercher d’éventuelles implications des gouvernements de l’UE pouvant justifier des sanctions et faire des propositions. Il a été adopté par 389 voix contre 137 et 55 abstentions. En six mois, le parlement estime avoir "réussi à établir jusqu’à preuve du contraire" que la CIA a enlevé des citoyens en Europe ou utilisé le territoire européen pour transférer, hors de tout cadre légal, des prisonniers vers des pays où ils risquaient d’être torturés. Il "condamne" ces pratiques.

Le parlement juge par ailleurs "invraisemblable" que certains gouvernements européens n’aient pas eu connaissance de ces activités lorsqu’elles ont été menées sur leur territoire.

Contrairement à l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe qui a adopté à une très large majorité le 27 juin un rapport dénonçant les mêmes faits dans des termes au moins équivalents, le parlement européen s’est divisé au moment du vote. Une partie du Parti populaire européen-démocrates européens (droite), le groupe le plus important au sein du parlement, a refusé de s’associer à un texte qui contient, selon lui, trop "d’affirmations sans preuves".

"C’est un rapport extrêmement tendancieux qui ne prend en compte que des rapports critiques vis-à-vis des Etats-Unis", a estimé mercredi, lors du débat, le député italien de Forza Italia Jas Gawronski.

L’Italie de l’époque Berlusconi est mise en cause dans le rapport pour l’enlèvement à Milan en février 2003 par des agents de la CIA d’un réfugié égyptien, Hassan Moustafa Ossama Nasr, dit Abou Omar.

Deux responsables du renseignement militaire italien ont été interpellés mercredi dans le cadre de l’information judiciaire ouverte sur cette affaire par le parquet de Milan qui a également émis des mandats d’arrêt visant quatre Américains.


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