jeudi 19 octobre 2017

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Galileo : Alcatel affronte EADS-Thales

Mathilde Visseyrias, le Figaro

lundi 28 février 2005, sélectionné par Spyworld

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Après plusieurs mois d’études, les experts de l’Agence spatiale européenne et de la Commission européenne doivent désigner demain lequel des deux consortiums en lice, iNavSat et Eurely, sera chargé du déploiement de Galileo, le futur système européen de navigation par satellite. iNavSat réunit EADS, Thales et l’opérateur de satellites Inmarsat, dont l’américain Lockeed Martin détient 14%. Eurely est piloté par Alcatel, l’italien Finmeccanica, les espagnols Aena et Hispasat. Un troisième consortium emmené par Eutelsat a renoncé en septembre dernier.

Le vainqueur est choisi par un comité d’évaluation présidé par l’Allemand Rainer Grohe, après un ultime conseil de surveillance où sont représentés les 25 États membres.

L’enjeu est majeur. Galileo, qui prévoit d’exploiter trente satellites capables de rivaliser avec le système américain GPS, représente un investissement public et privé sur vingt ans d’environ 7 milliards d’euros, selon Serge Tchuruk, président d’Alcatel. Il doit commencer à fonctionner en 2010.

« La désignation du vainqueur a traîné. En septembre, le comité d’évaluation n’a pas départagé iNavSat et Eurely. Il est temps qu’il tranche. Il doit dévoiler demain le nom du consortium sélectionné pour commencer à discuter des détails du projet », affirme un expert. Le comité d’évaluation a préféré en septembre dernier laisser les deux consortiums à égalité alors que les évaluations techniques donnaient l’avantage à Eurely. Au départ, ce comité regroupait sept évaluateurs, dont quatre Allemands. « La nomination de Rainer Grohe sert incontestablement les intérêts allemands », confie un bon connaisseur du dossier. Les sites de production d’Alcatel sont en France. Ceux d’EADS sont en Allemagne et au Royaume-Uni.

En décembre, les membres du comité ont été renouvelés, et seuls deux Allemands sont restés, dont Rainer Grohe. Deux observateurs techniques ont été désignés, ainsi que deux sages, Karel Van Miert, ancien commissaire européen à la Concurrence, et Roger-Maurice Bonnet, de l’Agence spatiale européenne.

« Ce sera gris clair et gris foncé », pronostique un financier. Le consortium perdant devrait avoir un lot de consolation. « Le gagnant pourrait avoir intérêt à associer les perdants », affirme un bon connaisseur.

Les deux candidats ont des profils différents. Thales, comme EADS, ont l’habitude de gérer des grands programmes. Alcatel a des atouts dans les télécommunications, les transports et les satellites. L’équipementier français est déjà le maître d’oeuvre d’Egnos, un programme de navigation par satellites précurseur de Galileo.

Très ambitieux, Galileo devrait permettre de créer 100 000 emplois, selon la Commission européenne. Selon Bruxelles, le marché mondial des produits et services liés à la navigation par satellite est en train d’exploser. Il est passé de 10 milliards d’euros en 2002 à 20 milliards en 2003, et devrait avoisiner les 275 milliards d’euros à l’horizon 2020.


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